L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR
Derrière l’histoire de Yellow Letters, Ours d’or au dernier festival de Berlin, se cache au départ une réalité politique. En Turquie, entre 2016 et 2019, environ deux mille artistes ont été suspendus et traduits en justice pour avoir signé une pétition pour la paix. Manière pour le président de la République, Recep Tayyip Erdogan, de reprendre la main sur les milieux culturels et universitaires, en écartant une frange d’opposants.
Dans le film, Aziz (Tansu Biçer), dramaturge très en vue, enseigne à la faculté d’Ankara. Son épouse, Derya (Özgü Namal), avec qui il a une fille adolescente, Ezgi (Leyla Smyrna Cabas), tient le rôle principal de ses pièces au contenu politique, grâce auxquelles elle a acquis une notoriété parmi les élites du pays. Mais le quotidien confortable du couple bascule quand Aziz est licencié, avec nombre de ses collègues à l’université, pour avoir soutenu une manifestation pacifiste jugée contraire au régime, et que sa dernière pièce à succès est retirée de la programmation à la suite de pressions politiques. Sans moyens de subsistance, la famille part s’installer à Istanbul chez la mère d’Aziz.
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