Meilleures Actions

Merci pour votre partage ! Comme dans votre cas, deux tiers des communes françaises ne comptent qu’une seule liste aux prochaines municipales. Pourtant d’autres, parfois minuscules, nagent dans l’opulence démocratique, affichant jusqu’à quatre listes, une anomalie à l’échelle du pays, souvent nourrie par les petites histoires et rivalités locales.

Une seule cheminée fume dans le petit village de Caubous, aux confins de la Haute-Garonne, mais la commune pyrénéenne devra départager deux listes de cinq candidats chacune, dimanche prochain. « Ce qui est rigolo, c’est que le jour du vote, tout le monde sait à qui chacun va donner sa voix », confie à l’Agence France-Presse (AFP) Patrick Naud, qui, avec sa compagne, est le dernier habitant à l’année de ce hameau de vieilles pierres. C’est « l’un des plus humbles et discrets villages de la vallée », proclame un panneau touristique, devant la mairie installée dans une ancienne grange.

Face à face, donc, une liste comptant notamment le maire, élu depuis 2008, et sa sœur, qui ne résident pas là mais y ont leurs racines familiales, et une seconde avec des « gens arrivés plus récemment » qui reprochent au sortant de « ne rien faire » et « ont envie de faire quelque chose », explique M. Naud.

Le sentiment d’immobilisme lié aux mandats à répétition d’un élu, c’est aussi l’un des ingrédients d’Aix-la-Fayette (Puy-de-Dôme) où 97 habitants devront départager trois candidats. Élu depuis 1995, le maire Guy Sauvadet rêve d’un sixième mandat face à Roger Bergheaud, 72 ans, qui évoque « la lassitude de [ses] concitoyens, avec un maire en place depuis 30 ans », tout comme le troisième postulant, Didier Vial, chef d’entreprise à la retraite, qui reproche au premier « un manque de concertation », dans ce village, « premier fief de la famille du marquis de la Fayette », comme le proclame fièrement le site internet de la mairie.

Dans d’autres communes, ce sont les dissensions au sein d’équipes sortantes qui alimentent l’éparpillement, comme à Gouy-Saint-André (Pas-de-Calais, 4 listes pour 659 habitants). Une querelle liée à la délivrance d’un permis de construire pour un box à chevaux proche du domicile du neveu d’un des adjoints au maire, a conduit à une rupture de la majorité qui présente donc deux candidatures, face à deux listes d’opposition.

Quelques kilomètres plus au sud, à Mouflers (Somme, 96 habitants), une brouille entre une tête de liste de la mairie sortante et la première adjointe, par ailleurs épouse du maire, qui ne se représente pas, a conduit cette dernière à figurer en 2e position sur une autre liste.

Trois candidatures, « ça fait beaucoup », note avec le sourire Fabien Cockenpot, agriculteur de 48 ans qui s’est également lancé, pour « dynamiser » ce « village-dortoir » entre Amiens et Abbeville qu’il trouve « malheureusement un peu mort ».

Share.