
Juan Pablo Guanipa, figure de l’opposition au Venezuela, a été arrêté quelques heures après sa sortie de prison, dimanche 9 février, a annoncé le parquet dans un communiqué. L’ancien vice-président du Parlement, âgé de 61 ans, a été interpellé par des hommes armés, en civil, selon l’entourage de M. Guanipa, qui a dénoncé un « enlèvement ».
« Le ministère public rappelle que les mesures décidées par les tribunaux sont subordonnées au strict respect des obligations imposées », a expliqué le parquet, qui demande à la justice que M. Guanipa soit soumis à « un régime de détention à domicile ». A sa sortie, il s’était rendu à moto devant plusieurs prisons de Caracas, y retrouvant des proches de prisonniers politiques et échangeant avec la presse. Le parquet a estimé qu’il avait enfreint les conditions posées à sa libération.
« Il y a quelques minutes, [il] a été enlevé dans le quartier Los Chorros de Caracas. Des hommes vêtus en civil sont arrivés dans quatre véhicules et l’ont emmené de force », a écrit la cheffe de l’opposition et Prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, sur X. « Nous exigeons sa libération immédiate », a-t-elle ajouté. Le fils de celui-ci, Ramon Guanipa, a précisé pour sa part que son père avait été kidnappé « par environ dix personnes non identifiées ». Le parti de M. Guanipa, Primero Justicia, a dénoncé un enlèvement de son dirigeant « par les forces répressives de la dictature ».
Quelques heures plus tôt, M. Guanipa avait été libéré de prison, à l’avant-veille du vote annoncé d’une loi d’amnistie historique au Venezuela. « Caché pendant dix mois, détenu ici pendant presque neuf mois » à Caracas, avait-il commenté dans une vidéo sur X en exhibant ce qui semblait être son ordre de remise en liberté.
Trente-cinq nouvelles libérations
La dernière apparition publique de l’opposant avant cette vidéo remontait au 9 janvier 2025, lorsqu’il avait accompagné Maria Corina Machado à un rassemblement de contestataires rejetant l’investiture de Nicolas Maduro pour un troisième mandat d’affilée. Arrêté en mai 2025 sur des accusations de complot électoral, il avait par la suite été inculpé de terrorisme, blanchiment d’argent et d’incitation à la violence et à la haine.
Freddy Superlano, un dirigeant de l’opposition vénézuélienne connu pour avoir remporté le poste de gouverneur de l’Etat de Barinas, la terre natale de l’ancien président Hugo Chavez, et Perkins Rocha, conseiller juridique de Mme Machado, ont également été relâchés par les autorités dimanche. Freddy Superlano, 49 ans, et Perkins Rocha, 63 ans, avaient été arrêtés il y a un an et demi, après la réélection contestée du président Nicolas Maduro le 28 juillet 2024.
Le 8 janvier, le gouvernement intérimaire vénézuélien a promis, sous la pression des Etats-Unis, un processus de libération d’un « nombre significatif » de prisonniers, un peu plus d’un mois après la capture de Nicolas Maduro lors d’une spectaculaire opération américaine à Caracas. Depuis, des familles et des ONG dénoncent le fait que cela se fasse au compte-goutte.
L’ONG Foro Penal a recensé au moins 35 nouvelles libérations ce dimanche. Selon elle, près de 400 personnes détenues pour des raisons politiques ont été remises en liberté depuis le 8 janvier. Vendredi, le chef du Parlement, Jorge Rodriguez, a promis que la loi d’amnistie serait définitivement adoptée mardi et que les prisonniers politiques « ser[aie]nt tous dehors » d’ici au 13 février.










