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Le ramassage et la commercialisation des coquillages sont interdits dans de nombreux secteurs de la Vendée au Finistère en raison de la prolifération d’une algue toxique, ont averti les préfectures des départements concernés, à la veille de quatre jours de grandes marées propices à la pêche à pied.

Dès jeudi soir, la préfecture de Loire-Atlantique a pris un arrêté interdisant jusqu’à nouvel ordre sur l’ensemble du département « la pêche, le ramassage, le transport, le stockage et la commercialisation des coquillages à titre professionnel et de loisir destinés à la consommation humaine en provenance du littoral du département ».

« Cette interdiction fait suite à la prolifération rapide et importante de l’algue Pseudo-nitzschia australis qui produit une toxine amnésiante (…) susceptible de provoquer des troubles neurologiques potentiellement graves chez le consommateur de coquillages », précise la préfecture dans son communiqué.

Une interdiction similaire a été décrétée dans certaines zones des départements voisins de la Vendée (la baie de Bourgneuf, la côte ouest de l’île de Noirmoutier et de l’île d’Yeu) et du Morbihan (notamment la baie de Plouharnel, la rivière d’Etel, la rade de Lorient et Belle-Ile).

Toxines résistantes à la cuisson

La côte sud du Finistère, notamment les baies de Concarneau et de Douarnenez, est également concernée par cette prolifération de ce phytoplancton potentiellement dangereux.

L’ingestion de coquillages contaminés provoque des symptômes gastro-intestinaux suivis de désordres neurologiques plus ou moins graves – désorientation, confusion, perte de mémoire voire convulsions et coma – pouvant aller jusqu’à la mort.

Ces effets peuvent survenir entre quinze minutes et quarante-huit heures après consommation. Les toxines produites par la microalgue Pseudo-nitzschia australis ne sont pas détruites par la cuisson, soulignent les préfectures.

Appelée ASP (de l’anglais « amnesic shellfish poisoning »), la maladie provoquée par cette microalgue avait été mise en évidence en 1987 au Canada, après un épisode massif de 150 cas, dont 19 hospitalisations et quatre morts, à la suite de l’ingestion de moules contaminées.

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La toxine est surveillée depuis 1998 en France et, « depuis qu’on la surveille, on la trouve », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) le directeur de l’unité Phytox de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), Phlipp Hess.

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Ces microalgues prolifèrent au printemps avec l’augmentation de la température et de l’ensoleillement, a-t-il décrit, car, « juste après l’hiver, l’eau de mer est naturellement assez riche en nutriments ». Les engrais agricoles qui ruissellent jusqu’à la mer peuvent aussi s’ajouter « aux nutriments naturellement présents », a-t-il ajouté.

En revanche, « on n’a pas dégagé de réelle tendance sur une durée de trente ans de surveillance » en lien avec le changement climatique, a précisé le chercheur. D’après lui, « on n’a pas encore assez de données pour dire qu’il y a des tendances qui se dégagent ».

Les pouvoirs publics appellent les pêcheurs de loisirs à la plus grande prudence et les invitent à consulter le site internet Pêche à pied responsable pour les détails des interdictions.

Le Monde avec AFP

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