Unilever poursuit sa mue : la multinationale a annoncé, mardi 31 mars, la cession de son activité alimentaire, appelée à fusionner avec l’américain McCormick & Company. Cette opération d’envergure, conclue pour plusieurs milliards de dollars, doit donner naissance d’ici à 2027 à un leader mondial des condiments et produits culinaires, et acter le recentrage du groupe sur ses activités les plus rentables.
La nouvelle entité réunira sous un même toit les soupes Knorr, les moutardes Maille et la mayonnaise Hellmann’s, d’Unilever, et les épices Ducros, les ingrédients de pâtisserie Vahiné ou la moutarde French’s, de McCormick. Cette fusion, qui doit être achevée pour la mi-2027, donnera naissance à « un géant mondial des saveurs » dont les marques ont généré en 2025 « 20 milliards de dollars (17,4 milliards d’euros) de chiffre d’affaires », se félicite Unilever dans un communiqué commun.
Séparé de sa division alimentation, Unilever deviendra pour sa part une entreprise presque entièrement tournée vers les cosmétiques, l’hygiène et l’entretien de la maison, avec un chiffre d’affaires de 39 milliards d’euros l’an passé, grâce à des marques comme les savons Dove ou les déodorants Axe. Cette nouvelle transaction « constitue une nouvelle étape décisive dans la transformation d’Unilever en une entreprise plus simple, plus pointue et à plus forte croissance », estime la marque.
Recul de 4 % à la Bourse de Londres
McCormick versera 15,7 milliards de dollars [13,7 milliards d’euros] à Unilever et offrira des parts dans le cadre de cet accord, au terme duquel ses actionnaires détiendront 35 % du nouvel ensemble. Unilever prendra une participation de 9,9 % – qu’il dit déjà vouloir « céder progressivement » –, et ses actionnaires se partageront le reste, à hauteur de 55,1 %.
La nouvelle entité, baptisée McCormick, conservera le siège mondial du groupe américain à Hunt Valley, dans le Maryland, ainsi que sa cotation à New York. Elle établira également un siège international aux Pays-Bas, et prévoit une cotation secondaire en Europe. Le cours de Bourse d’Unilever, qui avait annoncé, le 20 mars, avoir reçu une offre « non sollicitée » de McCormick pour ses marques alimentaires, reculait de près de 4 % à la Bourse de Londres vers 14 h 10.
Sous la pression d’investisseurs, parmi lesquels le fonds activiste Trian, du milliardaire américain Nelson Peltz, le groupe, afin d’améliorer les performances, avait présenté en 2024 un plan stratégique pour se focaliser sur trente marques « motrices ». Dans ce cadre, il avait déjà bouclé en décembre dernier la scission de sa division glaces (Magnum, Cornetto, Ben & Jerry’s), sous le nom The Magnum Ice Cream Company.
Unilever avait expliqué au cours du mois dernier, lors de la publication de ses résultats, vouloir se focaliser davantage sur les segments « beauté » et « bien-être et soins de la personne », mais aussi sur le haut de gamme et le commerce en ligne.











