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Une zone à trafic limité, quelle zone à trafic limité ? Dans le centre de Paris, la circulation motorisée de transit est bien interdite depuis le 4 novembre 2024 : dans les 5,5 kilomètres carrés des quatre premiers arrondissements de la capitale, ne peuvent plus circuler que les secours, les transports en commun, les taxis et les VTC, les automobiles des personnes à mobilité réduite, de ceux qui résident ou travaillent dans la zone, ainsi que le trafic « de destination » (quand le point de départ ou d’arrivée se trouve dans le secteur). Il est désormais impossible de traverser l’hypercentre de la rive droite parisienne en véhicule motorisé si l’on ne compte pas s’y arrêter.

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Du moins, en théorie. Dans les faits, ceux qui contreviennent à la règle ne sont pas contrôlés et encore moins sanctionnés depuis que l’arrêté est entré en vigueur. La mairie avait prévenu : pendant les six premiers mois, la « pédagogie » prévaudra, pas question de prendre les gens « en traître ». Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir annoncé la couleur depuis des années. Dès 2020, la « piétonnisation du centre de Paris » et la « limitation » du trafic étaient des propositions phares du projet de la maire sortante socialiste, Anne Hidalgo. En février 2022, la mairie avait dit qu’elle souhaitait « prendre le temps » et la mesure avait été reportée à 2024, laissant encore deux ans aux esprits pour se préparer.

Aujourd’hui, cinq ans après l’avoir proposée, c’est comme si la majorité municipale n’osait toujours pas mettre en action l’une de ses promesses de campagne emblématiques. D’un côté, on peut saluer la prudence d’une maire à qui l’on a parfois reproché une méthode trop brusque et sans assez de concertation (confer la saga de la piétonnisation des voies sur berges entre 2016 et 2018). De l’autre, le décalage entre les annonces et la réalité sur le terrain peut contribuer à une dévaluation de la parole politique et à une illisibilité des mesures, conduisant à encore plus de défiance des citoyens envers ceux qui les gouvernent.

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