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ARTE.TV – À LA DEMANDE – DOCUMENTAIRE

« Muzak ». L’expression a été longtemps utilisée pour qualifier – ou plutôt disqualifier – des musiques jugées de mauvais goût, aseptisées et sirupeuses. C’est ainsi que John Lennon (1940-1980) avait très méchamment désigné celle de Paul McCartney en 1971, alors qu’il réglait ses comptes avec son ancien partenaire dans la chanson How Do You Sleep ?

Comme le rappelle Une histoire de la musique d’ascenseur. De la muzak au streaming, documentaire aussi original qu’instructif de David Unger, mis en ligne sur Arte.tv, ce mot fut d’abord le nom d’une société fondée en 1934 par George Owen Squier (1865-1934), un officier américain qui avait déposé un brevet pour la diffusion de musique par les lignes électriques.

Avec l’avènement de la société de consommation, Muzak va progressivement imposer ce fond sonore d’abord entendu dans les ascenseurs des gratte-ciel (il s’agissait de calmer l’angoisse liée à une possible panne), puis dans les restaurants et les halls d’hôtels, les salons de coiffure et les supermarchés, les parkings et les aéroports, les salles d’attente et les hôpitaux… Soit toute musique « qu’on entend sans l’écouter », selon la juste définition donnée par la philosophe Pauline Nadrigny, spécialisée en esthétique musicale.

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