Quatre ans après le début de l’invasion de l’Ukraine, l’économie russe montre des signes d’essoufflement marqués, confrontée au ralentissement de la croissance, à la baisse des recettes pétrolières et à des pressions démographiques. En 2022, les dirigeants occidentaux avaient prédit un effondrement rapide de l’économie russe sous l’effet des sanctions. Si le choc initial avait provoqué une contraction du PIB, la forte hausse des dépenses militaires avait ensuite soutenu l’activité en 2023 et 2024, propulsant la Russie au neuvième rang des économies mondiales en 2025. Mais, en 2026, les indicateurs virent au rouge.
En janvier, le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour la Russie, à 0,6 % en 2025 et 0,8 % en 2026. Hors années de pandémie, il s’agirait des plus faibles performances depuis la récession consécutive à l’annexion de la Crimée en 2014.
Ce ralentissement s’inscrit dans le contexte de diminution des recettes tirées du pétrole et du gaz – pilier du budget fédéral. Sur janvier-février, selon l’agence Reuters, les recettes pétrolières et gazières de la Russie devraient totaliser 800 milliards de roubles, contre 1 560 milliards de roubles (17,2 millions d’euros) sur les deux premiers mois de 2025.
Pour combler le déficit, les autorités ont relevé plusieurs impôts. L’impôt sur les sociétés est passé de 20 % à 25 % en 2025, de nouvelles tranches d’imposition sur le revenu ont été introduites et la TVA a été portée, au début de 2026, de 20 % à 22 %.
Vous pouvez trouver plus d’information sur la note du SER, le service économique régional, installé à Moscou, un service extérieur de la direction générale du Trésor, dépendant du ministère de l’économie français.
Par ailleurs, la Russie vieillit : sa population est passée de 145,5 millions d’habitants en 2019 à 143,5 millions en 2024, selon les données officielles. Le recul de la natalité, les pertes sur le front et les départs pour l’étranger alimentent la pénurie de travailleurs alors que le taux de chômage demeure très bas, autour de 2 %. Ces contraintes structurelles limitent le potentiel de croissance à long terme, indépendamment des fluctuations des prix de l’énergie.











