Dans la permanence d’Alix Soler-Alcaraz, une dizaine de militants épluchent les photos des listes d’émargement pour repérer les abstentionnistes et passer les noms aux équipes qui passeront les voir lors des porte-à-porte prévus le soir. Soudain, une petite dame menue passe la tête : « Je ne comprends pas votre stratégie. C’est risqué et très fragile », ose la retraitée qui se dit « de tout cœur à gauche ». Deux femmes approchent, l’une communiste, l’autre ancienne colistière du maire divers droite, Gérard Larrat, pour tenter de la convaincre. « Si on ne se représente pas, le choix sera entre Barthès et Mourad qui ont de nombreux points communs », objecte la première. « On ne veut pas que Carcassonne passe dans les mains du RN [Rassemblement national], cela ne doit pas être une option. On a fait un arc républicain car c’est la seule manière d’y arriver », renchérit la seconde. La scène baroque est à l’image des débats qui agitent Carcassonne depuis quarante-huit heures.
Voilà en effet deux jours que la cité audoise vit au rythme des déclarations des candidats à l’élection municipale. Lundi 16 mars, la ville-préfecture de l’Aude s’est réveillée avec la gueule de bois : Christophe Barthès, député et candidat du RN, était arrivé en tête avec 34,52 % des voix au premier tour. Loin derrière, un ancien collaborateur du maire, François Mourad, présenté sous l’étiquette Horizons, arrivait en deuxième position avec 25,36 % des voix, suivi de peu du socialiste Alix Soler-Alcaraz, à la tête d’une liste d’union de la gauche, à 23,27 %. En quatrième position, Gérard Larrat, le maire (divers droite) sortant, peinait à 12,27 %. Sonné, l’élu de 84 ans annonçait alors se retirer de la vie politique. François Mourad se préparait à un combat serré, mais comptait sur les reports de voix de son ancien patron.
Coup de théâtre ce même jour : le candidat socialiste (PS) propose une « coalition républicaine » à ses adversaires pour barrer la route au RN. Gérard Larrat répond positivement et envoie plusieurs de ses colistiers, donnant le feu vert à une alliance inédite. Une liste mêlant donc socialistes, communistes, écologistes, militants du Parti occitan et candidats de droite est déposée. Le conseiller départemental d’Horizons, François Mourad, lui, refuse la proposition et part seul.
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