Visé par une motion de défiance des salariés, le rédacteur en chef des quotidiens Vosges Matin, L’Est républicain et Le Républicain lorrain (ERV), Sébastien Georges, quitte ses fonctions, a annoncé jeudi 3 avril, le directeur général de ces titres, Christophe Mahieu.
« Il y a une perte de confiance mutuelle entre Sébastien Georges et ses équipes. Ce dernier quitte ses fonctions au niveau du pôle ERV », a déclaré M. Mahieu, cité dans un communiqué des syndicats CGT, CFDT et SNJ.
M. Mahieu s’exprimait devant un CSE extraordinaire tenu après l’adoption le 27 mars d’une motion de défiance à l’égard de M. Georges, accusé d’user d’un « management borné et brutal ». Sur 82 % de salariés ayant voté, 92 % – soit 258 salariés – ont répondu non à la question : « Faites-vous confiance au rédacteur en chef pour diriger les journaux et assurer l’avenir ? », 21 ont répondu oui et 42 ne se sont pas prononcés.
« Il n’y avait pas de problème sur l’éditorial, mais sur son management et le malaise qui en découlait », explique Julien Bénéteau, représentant CFDT à L’Est républicain. « Cette décision a été prise dans le but de restaurer la confiance et un environnement de travail serein tourné vers l’avenir », écrit le patron des trois journaux dans un courriel interne que Le Monde a pu consulter. « La direction générale promet maintenant d’évoluer avec moins de verticalité, il faudra voir si cela se traduit dans les actes », réagit Eric Barbier, du Syndicat national des journalistes (SNJ).
Politique sociale
Selon les informations du Monde, M. Georges doit se voir proposer des fonctions au niveau du groupe Ebra pour des « missions transverses ». Sollicité par l’Agence France-Presse, le groupe Ebra (Est-Bourgogne-Rhône-Alpes), propriété du Crédit mutuel, n’a pas souhaité réagir.
« La nomination du (ou de la) successeur(e) à la tête de la rédaction ne suffira pas. Il faut que la direction modifie les paramètres de sa politique sociale et de ses méthodes de management si elle veut, comme elle le prétend, “le bien-être des équipes” », selon le communiqué des syndicats.
M. Mahieu avait annoncé, dans une lettre aux salariés après le vote de défiance, le recrutement d’un quatrième adjoint à la rédaction en chef et fait savoir que M. Georges renonçait à sa mission de coordination des rédacteurs en chef du groupe Ebra.
Ebra regroupe neuf quotidiens régionaux où travaillent plus de 1 400 journalistes. Le groupe a déjà été secoué fin janvier par la démission de son président Philippe Carli, mis en cause pour avoir « aimé » sur le réseau social LinkedIn des publications de personnalités d’extrême droite.