Un policier est jugé à partir de lundi 23 mars à la cour criminelle de Seine-et-Marne pour avoir violé à deux reprises, dans son bureau, une femme venue porter plainte pour violences conjugales, des faits qu’il reconnaît.
Jean-Pierre D., 58 ans, est accusé d’avoir imposé, le 22 février 2023, une fellation à Armandina P., une Angolaise sans titre de séjour, venue porter plainte contre son conjoint pour violences conjugales. Quelques jours plus tard, Jean-Pierre D. la convoque à nouveau, et reproduit les faits.
S’il a d’abord nié ces viols aggravés, pour lesquels il encourt vingt ans de prison, il les reconnaît pleinement aujourd’hui.
Crâne rasé et silhouette fine, il s’est longuement repenti, parfois de manière peu audible et avec des trémolos dans la voix, sur l’homme « dégueulasse » qu’il a été. « Je suis entièrement responsable de tout ça », a-t-il reconnu, en présentant ses excuses à la victime : « C’est vous la victime, c’est pas moi. »
« Prédateur sur le plan sexuel »
Des excuses accueillies froidement par la victime qui a dénoncé des « larmes de crocodile ». « J’ai fait du mal. Je ne voulais pas le voir, je ne voulais même pas l’entendre », a affirmé l’ancien policier, tremblant, pour expliquer ses premières dénégations.
« Le problème dans ma vie avec les femmes, c’est pas les femmes, c’est moi », a ajouté celui qui est décrit par une ancienne compagne comme un « prédateur sur le plan sexuel », et qui a été condamné en 2010 pour exhibition sexuelle imposée à plusieurs factrices.
Sa dernière compagne, visiblement encore bouleversée par les faits qui se sont produits alors qu’ils étaient encore en couple, l’a à l’inverse décrit comme quelqu’un de « tempéré », « calme », « doux » et « rassurant », faisant dire au président de la cour que l’ancien policier ressemblait à un « docteur Jekyll et mister Hyde ».
La première matinée d’audience a été consacrée au passé de l’accusé, et notamment son enfance dans une famille vivant sous la « chape de béton » d’un père alcoolique et ultraviolent.
Victime de viols entre ses 4 et 9 ans, par un frère aîné, puis à la préadolescence par un professeur de judo, Jean-Pierre D. a « toujours vécu dans [s]a plus tendre enfance avec la prédominance de la sexualité et de la violence », a-t-il raconté.
Jean-Pierre D. affirme désormais avoir entamé un suivi pour ne « pas continuer à vivre comme ça » et pour qu’il n’y ait pas « d’autres madame P. ».












