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Histoires Web dimanche, août 31
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Le premier ministre, François Bayrou, lors de sa conférence de presse du lundi 25 août, a consacré un long développement à la dette publique. Au-delà de la manœuvre politique consistant à essayer d’évacuer les mesures proposées pour le budget 2026, il convient de rappeler quelques éléments qui vont à l’opposé de sa tentative de dramatisation.

Il serait trop long ici de faire une liste exhaustive des discours apocalyptiques sur la dette publique. Citons simplement l’affirmation en 2007 de François Fillon, alors premier ministre, affirmant qu’il gérait « un Etat en faillite ». Du François Bayrou dans le texte. Et d’ailleurs, François Bayrou lui-même reconnaît qu’il alerte depuis des décennies sur le danger d’un haut niveau de dette publique… sans que ce prétendu danger se concrétise en aucune manière.

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Venons-en au fond. Rappelons que le niveau actuel de la dette n’est pas le symptôme d’un Etat qui vivrait au-dessus de ses moyens, dépensant de façon irresponsable et inefficace. Lorsqu’on analyse rétrospectivement la montée du ratio entre la dette et le PIB depuis 1980 (lorsque ce ratio était à 20 %), on s’aperçoit que la dette est d’abord la conséquence de quatre facteurs.

Pas de quoi dramatiser

Primo, les taux d’intérêt supérieurs au taux de croissance durant les années 1980 et 1990 (l’effet « boule de neige ») ; deuzio, la contre-révolution fiscale des trente dernières années, qui a vu l’Etat se priver de ressources au profit des ménages aisés et des entreprises ; tertio, le coût direct et indirect de la crise financière de 2007-2008, qui a vu l’Etat sauver le système financier privé ; quarto, plus récemment, les mesures de soutien pour lutter contre le Covid-19.

Pour autant, indépendamment de ses origines, le niveau actuel de la dette publique représente-t-il une menace ? Il faut comprendre qu’un Etat ne rembourse jamais sa dette. Il ne paie que la charge de la dette. Lorsqu’un titre de la dette publique arrive à échéance, l’Etat emprunte de nouveau pour le rembourser : il fait « rouler » la dette.

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