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Petite ville du Liban sud, Marjeyoun est figée par la guerre aux alentours. Ses ruelles aux vieilles maisons de pierre sont désertées. De rares commerces sont ouverts sur la route principale. Le son d’explosions au loin se fait entendre par intermittence, vendredi 27 mars. Des avions de chasse israéliens vrombissent dans le ciel. En comparaison d’autres jours, c’est calme, disent les habitants. Une partie a fait le choix de rester, malgré la proximité des combats entre l’armée israélienne et le Hezbollah et des bombardements. « La plupart, soit plus de 350 familles », assure Rabih Rached, un maire de quartier de cette bourgade chrétienne, à majorité orthodoxe.

Des jeunes dans le centre-ville de Marjeyoun, à quelques kilomètres de la ligne de front, au Liban sud, le 27 mars 2026.
Un bâtiment abandonné à Marjeyoun, au Liban sud, le 27 mars 2026.

La route principale la reliant à Beyrouth est risquée. La fibre optique est hors service. L’eau manque. L’hôpital public fonctionne encore, mais « il ne peut pas prendre en charge les cas très graves », s’inquiète Rania Chedid, emmitouflée dans son manteau. Elle est restée avec son mari, mais ne veut pas que leurs deux fils, âgés d’une vingtaine d’années et vivant à Beyrouth, viennent sur place, même si elle ne les a plus vus depuis le début de la guerre, le 2 mars. « La route est dangereuse, et ils pourraient se retrouver coincés ici si la situation s’aggrave. Ils me manquent, avoue-t-elle d’une voix chargée d’émotion. On vit des jours difficiles et on ne sait pas ce qui nous attend. »

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