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Histoires Web mardi, juin 18
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Il y avait eu une colonne Morris – mobilier urbain destiné à l’affichage de spectacles et de films – en 1996, un Arc de triomphe en 2004, plus classiquement un parallélépipède rectangle cartonné orné de son portrait en 2014, intitulé Anthologie. Des rééditions partielles en CD de l’œuvre phonographique de Charles Aznavour (1924-2018). Cette fois, pour le centenaire de la naissance du chanteur et auteur-compositeur, le 22 mai 1924, à Paris, c’est la totale – à l’exception d’une dizaine de titres, dont les droits n’ont pas été autorisés, sur les 1 806 annoncés ici – pour The Complete Work. Centenary Edition 1924-2024. Cent CD sont réunis dans un coffret en bois, à la façon des caisses qui protègent de grands crus.

Dans les bureaux de Panthéon, à Paris, structure chargée de l’exploitation du catalogue national et international de la major du disque Universal Music (rééditions, coffrets, compilations…), Xavier Chevalier, chef de projet, présente l’objet quelques jours avant sa commercialisation, « fabriqué, monté à la main, façonné en France ». Titre en pyrogravure sur le bois, à l’intérieur un thermoformage pour recevoir les boîtiers qui protègent les CD. « Il y a tout le catalogue Aznavour qui a été commercialisé officiellement et, en plus, des prises différentes, des inédits, dont un album inachevé avec l’arrangeur et producteur Del Newman, des raretés… »

Lire la nécrologie : Article réservé à nos abonnés Charles Aznavour, mort d’un précurseur du métissage musical

Soit les albums en studio de 1953 jusqu’à Encores, en 2015, des titres publiés en 78-tours, dont les débuts en duo avec Pierre Roche en 1948, en 45-tours et non repris sur des albums, des histoires pour enfants (Le Crocodile majuscule, Pierre et le loup…), des instrumentaux, de nombreux duos (avec Nana Mouskouri, Carole King, Céline Dion, Axelle Red, Petula Clark, Frank Sinatra, Placido Domingo, Sting, Kery James…), les albums conçus pour l’exportation chantés par Aznavour en anglais, allemand, espagnol et italien – pas réédités depuis des décennies –, les concerts… Et un livret avec des photographies rares, un texte du journaliste de Radio France Bertrand Dicale, les indications des sources phonographiques d’origine.

« Deux ans de travail »

La tranche des boîtiers, qui contiennent chacun généralement deux CD, identifie en bleu la discographie en français, avec les duos (751 titres), en orange-rouge la discographie en langues étrangères (542 titres), en jaune-orange les concerts (513 titres). « Un rappel des couleurs du drapeau de l’Arménie », nous fait remarquer Xavier Chevalier – les parents d’Aznavour étaient arméniens, le chanteur a œuvré au sein d’associations pour l’Arménie. « C’est plus de deux ans de travail, avec une trentaine de personnes, consultants, ingénieurs du son, les services juridiques, de recherches sonores et iconographiques… S’il y a eu pour Mozart ou la Callas des publications de même envergure, pour un artiste d’expression française dans la chanson, c’est une première. » Tout a été validé par Nicolas Aznavour, le plus jeune des enfants du chanteur, « [leur] point de contact avec la Fondation Aznavour et la famille sur l’ensemble de ce qu’[ils] produi[sen]t ».

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