Quarante ans que chaque nouvelle console de Nintendo, de la NES à la Switch, en passant par la Game Boy, la Super Nintendo, la DS ou la Wii, est attendue avec ferveur. Quarante ans que chaque machine du Japonais laisse espérer une tentative (souvent – pas toujours – couronnée de succès) de mettre un solide coup de pied dans la fourmilière de nos habitudes.
On savait déjà depuis le 16 janvier, au moment d’officialiser le nom et le design général de la dernière née de cette prestigieuse lignée, qu’il n’y aurait cette fois point de coup de pied. Il faut dire que la fourmilière, depuis 2017 et le succès insolent de la Switch, a pris des allures de magot, qu’il serait bien périlleux de bousculer.
Une console particulièrement chère
La Switch 2, c’est donc son très sage nom, a été dévoilée plus en détails mercredi 2 avril, au cours d’une vidéo d’une heure diffusée sur la chaîne YouTube de Nintendo. Qu’en retenir ? Déjà, elle sera disponible le 5 juin, et il sera possible de la précommander à partir de mardi 8 avril sur My Nintendo Store. Son prix sera inhabituellement élevé : 470 € pour la console seule, 510 € avec le jeu Mario Kart World. Jamais une console Nintendo n’aura été aussi chère, même en ajustant le prix de ses glorieuses ancêtres à l’inflation : à titre de comparaison, la première Switch coûtait, à son lancement, 330 €.

La Switch 2 conserve le format « hybride » qui avait fait le succès de sa prédécesseure et inspiré nombre de concurrents depuis : une console constituée d’un écran et de deux manettes latérales (en langage Nintendo, on dit des « Joy-Con »), qui peut être utilisée autant en nomade que branchée sur une télévision.
Son écran sera plus grand (7,9 pouces de diagonale, au lieu de 6,2) et full HD. Ce ne sera cependant pas un écran OLED, comme les modèles les plus récents de Switch première du nom, mais un écran LCD, compatible HDR. Autre nouveauté notable : les fameux Joy-Con, qu’il faudra bien se résoudre à appeler « Joy-Con 2 », pourront désormais être utilisés comme des souris, ce qui offrira de nouvelles possibilités de contrôle dans les jeux prévus à cet effet. Un exemple : Drag & Drive, jeu de handibasket à 3 contre 3, dans lequel on mimera, à la souris, le mouvement des mains poussant les roues du fauteuil.

Pour en finir avec les basses considérations matérielles : la Switch 2 sera équipée d’un micro et pourra être appareillée avec une caméra – vendue séparément. Deux accessoires facilitant le jeu en ligne avec un maximum de trois amis, grâce à une fonctionnalité baptisée GameChat, disponible à tout moment par la grâce d’un bouton « C » qui fait son apparition sur la manette. Pour les parents, il sera envisageable, et sans doute prudent, de contrôler à distance l’usage que feront les enfants de ce nouveau mode grâce à une application spécifique.
Des jeux de course et de gros muscles
S’il était attendu que la Switch 2 ne sera donc pas une machine totalement révolutionnaire, restait la question des jeux. Cette première vidéo de présentation aura permis d’en découvrir quelques-uns.
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Déjà entraperçu en janvier, Mario Kart World semble enrichir la formule éprouvée de Mario Kart 8 avec des véhicules plus délirants, louchant occasionnellement vers la motoneige ou le petit avion. Surtout, il proposera à davantage de participants de prendre part à une course (24 au maximum), et dans des environnements plus vastes : les parcours seront en effet connectés les uns aux autres, et il sera possible de les enchaîner ainsi, voire de simplement sortir de route pour se balader. Mario Kart World sera vendu au prix inédit de 90 € en boîte (80 € « seulement » en téléchargement). Inédit mais compréhensible : son prédécesseur, Mario Kart 8 Deluxe, est de loin le titre le plus vendu de la première Switch.
A noter qu’un autre jeu de course made in Nintendo verra le jour cette année : Kirby Air Riders, suite inattendue à un titre de 2003, que Le Monde considère comme l’un des 100 meilleurs jeux de tous les temps.
Si aucun nouvel épisode de Super Mario n’a été dévoilé, Donkey Kong Bananza, prévu pour le 17 juillet au prix de 80 € (70 € en téléchargement), devrait faire office de succédané en permettant d’incarner son ennemi juré dans un titre où le simien musculeux pourra creuser le sol à coups de poing et arracher des blocs de terre de ses mains vengeresses.
Outre Drag & Drive, déjà mentionné plus haut et qui sortira cet été, signalons aussi Nintendo Switch 2 Welcome Tour, qui a moins l’air d’un jeu que d’un logiciel (néanmoins payant) démontrant les capacités et les possibilités de la console, ainsi que Hyrule Warriors : Les Chroniques du Sceau. Troisième épisode de cette série « spin-off » mêlant les univers de Zelda et le concept du jeu de combat épique Dynasty Warriors, il permettra de suivre les pérégrinations menées par la princesse en parallèle des aventures de Tears of the Kingdom. Développé en collaboration avec le studio Koei Tecmo, il est prévu pour cet hiver.
Pour l’essentiel, les titres annoncés n’étaient toutefois pas des jeux développés par Nintendo. Sans surprise, des tas de titres déjà sortis sur d’autres plateformes (Elden Ring, Split Fiction, Hogwarts Legacy…) ou en tout cas déjà prévus ailleurs (Borderlands 4, Deltarune, Hollow Knight Silksong…) seront donc également disponibles sur Switch 2. Plus intéressantes : les annonces d’Enter The Gungeon 2, de Starseeker, et surtout de The Duskbloods, le prochain jeu de From Software (Dark Souls, Elden Ring…) dévoilé à cette occasion. Il sortira en 2026.
Enfin, Nintendo l’avait déjà dit : la plupart des jeux de la première Switch fonctionneront sur Switch 2. Certains, comme Super Mario Party Jamboree, les Zelda (Breath of the Wild et Tears of the Kingdom), Kirby et le monde oublié, Metroid Prime 4 Beyond et Pokémon Z-A bénéficieront sur Switch 2 d’une mise à jour aussi bien graphique qu’en matière de contenu. Une mise à jour là aussi payante, évidemment.