Entre quelques cafés gentrifiés, un maraîcher et un fleuriste, le numéro 10 de la rue Ramey, dans le 18ᵉ arrondissement de Paris, au pied de la butte Montmartre, abrite l’un des lieux-clés de la musique française des trente dernières années. En ce matin de janvier, à l’abri des regards derrière la discrète devanture opaque, Pedro Winter, en sweat-shirt rose et violet, larges lunettes et mèche sur le front, tente de réparer la chaise de sa « chambre d’ado », comme il surnomme cette cinquantaine de mètres carrés achetée en 2001.
Face au père de famille qui fêtera ses 50 ans le 21 avril, un petit bureau trône au milieu des dizaines de planches de skate, des centaines de vinyles, des disques d’or de groupes légendaires comme Daft Punk ou Justice, d’affiches de festivals et même d’un flipper qui racontent une carrière aussi longue que protéiforme : patron et fondateur du mythique label de musique électronique Ed Banger, manageur d’artistes, DJ sous le nom de Busy P, compositeur de créations sonores pour des performances théâtrales, consultant pour des marques de mode, producteur exécutif de documentaires…
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