« Ce conseil a été un moment important de notre convergence en matière de défense. » Le 13 juillet 2017, Emmanuel Macron vante les bénéfices de sa discussion avec la chancelière Angela Merkel. Les deux dirigeants lancent plusieurs grands programmes d’armement en commun, dont l’emblématique système de combat aérien du futur (SCAF). Ce projet d’avion de chasse ultramoderne, soutenu par des drones et un système informatique, vise à réunifier les deux pays, partis chacun de leur côté dans les années 1980, la France avec le Rafale, fabriqué par Dassault Aviation, l’Allemagne avec l’Eurofighter, coproduit par Airbus, le britannique BAE Systems et l’italien Leonardo.
Huit ans plus tard, alors que la guerre fait rage en Ukraine aux portes de l’Union européenne, c’est plutôt la divergence qui prédomine en matière d’industrie de défense. Parmi les cinq grands projets annoncés en 2017, deux sont déjà morts : l’avion de patrouille maritime du futur Maritime Airborne Warfare System et la modernisation de l’hélicoptère de combat Tigre, dont l’Allemagne s’est retirée dès 2019 ; le programme d’artillerie du futur Common Indirect Fire System a été repoussé à une date indéterminée ; le char du futur (Main Ground Combat System, MGCS) avance à pas comptés ; et maintenant, c’est le SCAF qui chancelle, objet de fortes dissensions entre les deux pays.
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