Meilleures Actions
Histoires Web samedi, août 30
Bulletin

Debout dans l’escalier de la chancellerie, une soixantaine de patrons de grands groupes et de quelques start-up posent, autour du chancelier allemand chrétien-démocrate, Friedrich Merz, et du vice-chancelier social-démocrate, Lars Klingbeil. En ce 21 juillet, ils sont tous là : Roland Busch (Siemens), Christian Sewing (Deutsche Bank), Oliver Blume (Volkswagen et Porsche), Ola Källenius (Mercedes-Benz), ou encore Christian Klein (SAP). L’assemblée est si honteusement masculine qu’on a placé les deux seules femmes – Katherina Reiche, la ministre de l’économie, et Bettina Orlopp, patronne de Commerzbank – au premier rang. Tous sont venus faire acte d’allégeance : ils promettent d’investir la somme de 631 milliards d’euros d’ici à 2028 en Allemagne.

« Nous amorçons un nouveau partenariat entre les entreprises et le politique », clame alors Roland Busch, de Siemens, un des promoteurs du projet baptisé « Made for Germany ». Eux, les barons du capitalisme allemand, à qui on reproche si souvent de privilégier leurs actionnaires et leurs marchés lointains au Standort Deutschland, le « site Allemagne », s’engagent à investir massivement en Allemagne. La presse montrera qu’une grande part de ces investissements était en réalité déjà programmée. Mais la communication est essentielle : l’idée derrière cette initiative inédite est d’apporter un soutien visible du privé au gouvernement Merz, alors qu’il a lancé, en mars, un plan historique d’endettement de 500 milliards d’euros pour la rénovation des infrastructures et une levée des règles d’endettement pour investir dans la défense. Le budget de la défense allemand doit tripler dans les quatre années à venir, avec 152,8 milliards d’euros en 2029, ce qui devrait contribuer à relancer la croissance, anémique depuis 2019.

Il vous reste 78.01% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.
© 2025 Mahalsa France. Tous droits réservés.