Cela fait un an que le premier album solo de la chanteuse et harpiste Sophye Soliveau, Initiation, est sorti, et ses concerts continuent de se remplir – à Paris, samedi 5 avril au Trabendo (complet) puis le 6 avril au FGO-Barbara – et d’être programmés dans les festivals de jazz ou de musiques actuelles, comme prochainement le Printemps de Bourges. La jeune femme, entourée de ses musiciens et de ses choristes, répète d’arrache-pied à La Dynamo de Pantin, en Seine-Saint-Denis, où elle a la possibilité de laisser son encombrant et chic instrument.
Avant cela, cette frêle silhouette devait s’ingénier à porter ses 40 kilos de bois et de cordes dans les transports en commun ou réussir à la faire entrer dans les citadines de ses amis. La chanteuse soul n’a pas choisi la facilité pour accompagner ses harmonies vocales, mais la Guadeloupéenne est de la trempe d’une Dorothy Ashby (1932-1986), cette Afro-Américaine qui a imposé la harpe dans le jazz. Bercée à la fois par le R’n’B qu’écoutait sa fratrie, d’Anthony Hamilton à Maxwell, par les cantiques adventistes de sa mère et par le tambour ka de son père, Sophye Soliveau a choisi la harpe au moment d’entrer au conservatoire, parce que c’était le seul instrument qu’elle n’avait pas le droit de toucher chez elle.
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