L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR
Le personnage de l’enfant portant un regard candide sur un monde adulte qui le dépasse est à l’origine de quelques chefs-d’œuvre maniant la parabole, notamment dans le cinéma iranien, confronté à la censure – citons Où est la maison de mon ami ? (1987), d’Abbas Kiarostami, ou encore Le Ballon blanc (1995), de Jafar Panahi, Caméra d’or à Cannes.
Dans Songe, le cinéaste palestinien Rashid Masharawi, né en 1962 – le réalisateur a été révélé à Cannes en 1993 avec Couvre-Feu, à la Semaine de la critique, puis Haïfa (1996), à Un certain regard –, reprend ce canevas en suivant le périple de Sami, 12 ans. Sami, vif et ingénu, vit avec sa mère dans un camp de Cisjordanie et cherche désespérément son pigeon voyageur, qui a disparu depuis trois jours. Lorsqu’il apprend que l’oiseau est peut-être retourné chez son ancien propriétaire, à Haïfa, il part en cachette trouver son oncle pour lui demander de le conduire jusqu’à cet homme.
L’oncle, affable et compréhensif, petit marchand qui gère un atelier de statuettes en bois à Bethléem, veut bien embarquer son neveu dans le van, alors qu’il doit faire une livraison à Jérusalem dans une boutique pour touristes. La cousine de Sami, adolescente, n’a pas trop de mal non plus à convaincre son père de l’emmener. Elle sera du voyage, et la fouille dont elle fera l’objet à un checkpoint par une jeune militaire israélienne, séquence muette qui semble durer une éternité, prend une densité inattendue.
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