L’actrice et réalisatrice américaine, dont la carrière a été auréolée de deux Oscars, est la tête d’affiche du nouveau film de Rebecca Zlotowski, Vie privée, dans lequel elle incarne une psychanalyste en proie au doute. Sa vie privée, celle qui a commencé à l’âge de 3 ans devant les caméras a dû la défendre bec et ongles. A 63 ans, elle nous reçoit dans un hôtel parisien pour une rencontre tout en français et en sourire.
Je ne serais pas arrivée là si…
… Si je n’avais pas eu ma mère à mes côtés. Elle a été le personnage essentiel de ma vie. Sans elle, je n’aurais jamais fait de cinéma, pas entretenu ce lien si fort avec la France, certainement pas eu toutes ces rencontres. Elle était née en 1928, donc avant le féminisme, était issue d’une banlieue du Middle West et n’avait pas fait d’études. Mais elle nourrissait de grands rêves : partir, vivre à la française, s’inventer une nouvelle identité… beaucoup plus sophistiquée. Elle voulait être respectée, et c’est passé par moi. Elle a vécu, à travers moi, des tas d’expériences. A la fois celles qui m’arrivaient dans la vraie vie et celles que j’interprétais sur grand écran.
Une vie par procuration…
C’est ça. Elle n’était pas timide, mais n’avait pas confiance en elle, et préférait rester en coulisse. Mais lorsque j’étais enfant, c’est elle qui choisissait tous mes engagements.
A-t-elle aussi joué le rôle de pygmalion pour vos deux frères et votre sœur ?
Non, ils étaient plus âgés que moi – j’ai cinq ans d’écart avec le plus jeune de mes frères – et beaucoup plus rebelles ! D’ailleurs ils ont quitté la maison tellement tôt que, à l’âge de 10 ans, je me suis retrouvée seule avec ma mère. J’étais la petite dernière, celle qui avait de bonnes notes, étudiait les langues, irait plus tard à l’université…
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