
Saïf Al-Islam Kadhafi n’était plus qu’un fantôme, une figure nimbée de mystère, recluse en quelques recoins du djebel Nefoussa, entre deux escapades plus ou moins clandestines dans les sables du Fezzan (Sud libyen), survivant précaire et mythique d’un régime déchu vers lequel convergeaient quelques velléités de restauration.
L’hypothèque d’un retour sur la scène du fils du dictateur Mouammar Kadhafi (1942-2011) est désormais levée. Saïf Al-Islam – souvent appelé par son seul prénom – a été assassiné mardi 3 février, à l’âge de 53 ans, à Zinten, cité agrippée aux flancs du djebel Nefoussa, massif montagneux situé à 160 kilomètres au sud-ouest de Tripoli. L’équipe de tueurs – quatre hommes – qui a fait irruption au domicile de la famille lui assurant protection ne lui a laissé aucune chance.
Des photos circulant sur les réseaux sociaux libyens montrent le cadavre ensanglanté à l’arrière d’un pick-up Toyota, à peine dissimulé par une couverture. Les gardiens des lieux, Ajmeri Al-Atiri, chef de la milice locale Abou Bakr Al-Siddiq, ainsi que son fils Mohammed, ont également péri dans l’assaut, selon une source tripolitaine. Les assassins se sont volatilisés et on en ignorait, mardi soir, l’identité et, a fortiori, les motivations, laissant les Libyens en proie aux spéculations les plus débridées.
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