Meilleures Actions
Histoires Web mercredi, février 26
Bulletin

Deux mois après l’annulation de l’élection présidentielle où il était arrivé en tête au premier tour, le candidat d’extrême droite roumain Calin Georgescu a été interpellé pour être interrogé par le parquet général, mercredi 26 février.

Une source judiciaire a confirmé à l’Agence France-Presse la tenue de cette audition, sans plus de précisions. Des images de la télévision roumaine avaient auparavant montré M. Georgescu en train de pénétrer sous escorte policière dans le bureau du procureur général à Bucarest.

« Calin Georgescu était sur le point de déposer sa nouvelle candidature à la présidence », a indiqué son équipe dans un message sur Facebook. « Il a été emmené pour être interrogé au parquet général. » « Ils essaient d’inventer des preuves pour justifier le vol des élections et font tout ce qu’ils peuvent pour bloquer une nouvelle candidature présidentielle de ma part », a écrit M. Georgescu sur Facebook.

Lire l’analyse | Article réservé à nos abonnés La manipulation des élections roumaines, une leçon pour les démocraties

Perquisitions

Les autorités ont par ailleurs perquisitionné des dizaines de locaux dans la matinée, selon un communiqué du parquet, invoquant des infractions présumées, telles que des fausses déclarations sur les financements de campagne. Elles recherchent également des éléments de preuve pour atteinte à l’ordre constitutionnel, détention d’armes, troubles à l’ordre public, création d’une organisation raciste et apologie de crimes de guerre.

La Cour constitutionnelle roumaine avait annulé le scrutin en décembre 2024 en invoquant de « multiples irrégularités et violations de la loi électorale ayant faussé » le vote. Les autorités roumaines accusaient M. Georgescu, 62 ans, d’avoir bénéficié d’une campagne de soutien illicite sur la plateforme TikTok. La Commission européenne avait annoncé dans la foulée l’ouverture d’une enquête contre le réseau social chinois. « Nous devons protéger nos démocraties de toute forme d’ingérence étrangère », avait prévenu la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen.

Le candidat d’extrême droite avait alors dénoncé « un coup d’Etat » et ses partisans sont descendus massivement dans la rue au début de janvier pour dénoncer un « vote volé ». Mais le 21 janvier, la Cour européenne des droits de l’homme avait rejeté la requête du candidat prorusse, déposée au nom du droit à des élections libres.

L’annulation du scrutin a créé un choc en Roumanie, où le pouvoir a déclassifié des documents des services de renseignements étayant les accusations sur le rôle de TikTok dans la campagne, avec la Russie dans le viseur. « Un candidat a illégalement bénéficié d’une promotion passive et a déclaré zéro euro de dépenses », avait dénoncé le président sortant, le pro-européen Klaus Iohannis. « Sa campagne a, en outre, été soutenue par un Etat étranger. Il s’agit de choses graves. »

Début janvier, le gouvernement roumain a fixé au mois de mai les dates de la nouvelle élection présidentielle. Le premier tour aura lieu le 4 mai et un second tour, le 18 mai, si aucun candidat ne remporte plus de la moitié des suffrages.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Menaces numériques sur les élections dans les démocraties européennes

Le Monde avec AFP

Réutiliser ce contenu

Share.
© 2025 Mahalsa France. Tous droits réservés.