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La dissolution de l’Assemblée nationale, annoncée dimanche 9 juin par le président Emmanuel Macron, a rendu l’avenir de nombreux projets gouvernementaux incertain, mais n’a pas interrompu le travail du ministère de l’éducation nationale sur la réforme des concours et de la formation initiale des enseignants, qui ne nécessite pas de changer la loi. Cette réforme, dont les premiers textes doivent être présentés au comité social d’administration (CSA) du ministère mardi 11 juin, alimente depuis plusieurs mois, dans les rangs des responsables universitaires et parmi les professeurs du second degré, une vive angoisse quant au niveau des futurs recrutés.

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Les changements, promis en avril par le gouvernement pour une entrée en vigueur dès l’année scolaire 2024-2025, « annonce[nt] un effondrement des connaissances disciplinaires des futurs professeurs », se sont par exemple alarmés une trentaine de sociétés savantes, associations de professeurs du second degré, ou encore membres du Conseil national des universités, dans une tribune publiée dans Le Monde, le 4 juin. Les signataires y dénoncent un « choix aberrant » de l’exécutif, qui « met en péril la qualité de l’apprentissage des futurs élèves ».

Le premier syndicat des enseignants de collège et lycée, le SNES-FSU, partage cette crainte d’un « recrutement au rabais », qui se fonde sur la disposition phare de la réforme : le déplacement des concours, aujourd’hui passés à l’issue d’un master à bac + 5, durant la troisième année de licence. Les lauréats seraient ensuite formés pendant deux ans, dans un master spécifique et « professionnalisant », selon les termes du ministère.

Pour les enseignants de collège et de lycée, cette décision, destinée à améliorer l’attractivité du concours, reviendrait à organiser le capes plus tôt dans le cursus universitaire qu’il ne l’a jamais été depuis sa création, en 1950. Avant la première « mastérisation » du concours, en 2010, le capes était accessible après une licence 3 (L3) validée, à laquelle s’ajoutait pour les candidats une année de préparation des épreuves. « Avec la réforme, les étudiants passeraient le concours avant même la fin de la licence, soit cinq semestres après le bac, et leur troisième année d’études risquerait d’être largement consacrée à la préparation des épreuves », s’inquiète Philippe Prudent, membre de l’association des professeurs d’histoire-géographie (APHG).

Débat ancien et politique

« Cette proposition fait fi du niveau scientifique des étudiants de L3 », fustige une lettre ouverte, signée par plus de 1 500 responsables universitaires, qui estiment nécessaire de détenir un socle disciplinaire de niveau master pour passer le concours. « Ce n’est pas en diminuant les exigences disciplinaires et en déconsidérant la primauté du savoir qu’on pourra susciter davantage de vocations à l’enseignement », prévient aussi la Société des agrégés.

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