L’opération israélienne « Rising Lion » [« lion qui se lève »], menée contre l’Iran au mois de juin 2025, avait une forte dimension de contre-prolifération nucléaire soutenue par les Etats-Unis, même si ce n’était pas la seule. L’opération conjointe israélo-américaine lancée samedi 28 février engage encore le facteur nucléaire, bien que de façon plus subtile.
Dans son allocution du 28 février, le président Trump a rappelé à grands traits l’histoire de la menace iranienne contre les intérêts de sécurité américains « depuis quarante-sept ans », selon lui. Il a également estimé que les responsables iraniens avaient toujours refusé de renoncer à leurs ambitions nucléaires. Mais il a surtout évoqué les capacités missilières du pays, le maintien des velléités de nuisance du régime dans la région, mais aussi, entre les lignes, une situation de résistance larvée aux injonctions américaines depuis juin 2025.
De son côté, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a été sans ambiguïté : « L’objectif de l’opération est de mettre fin à la menace que représente le régime de l’ayatollah en Iran. » Selon cette formulation, la dimension nucléaire de cette menace n’est qu’un aspect des choses, les autres étant relatifs à d’autres réalités de la politique extérieure comme intérieure du régime.
Des négociations nucléaires avaient repris entre les Etats-Unis et l’Iran, qui semblaient conduire la partie iranienne à des concessions inédites sur la question des stocks d’uranium enrichi. La question nucléaire serait donc devenue le prétexte d’une initiative militaire dont l’objectif était, en vérité, déjà tout autre ? Cette idée devra être examinée avec circonspection dans les mois à venir. Il faudra alors avoir à l’esprit que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), à la veille du déclenchement des opérations militaires, ne pouvait toujours pas s’assurer que l’Iran ait suspendu toutes ses activités liées à l’enrichissement, ni de la taille des stocks d’uranium du pays.
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