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Histoires Web mercredi, février 25

Bennett Miller est, à 59 ans, l’un des grands réalisateurs américains des années 2000 et 2010 et le seul de sa génération à proposer une filmographie aussi mince. Trois films en dix ans, trois réussites : Truman Capote (2005), qui reconstituait l’affaire criminelle ayant permis à l’écrivain d’écrire son célèbre roman De sang-froid et qui a valu à Philip Seymour Hoffman de remporter l’Oscar du meilleur acteur ; Le Stratège (2011), avec Brad Pitt ; Foxcatcher (2014), prix de la mise en scène au Festival de Cannes, avec Steve Carell et Channing Tatum. Mais, depuis douze ans, le nom de Bennett Miller avait disparu des grands écrans. Un cas pour le moins étonnant, tant le talent du cinéaste semblait n’avoir aucune limite.

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La sortie, le 4 mars, de son tout premier film, La Croisière (The Cruise), un documentaire sorti aux Etats-Unis en 1998 mais inédit en France, au-delà de satisfaire ses admirateurs, va encore attiser les regrets. Car il révèle un grand documentariste. La caméra suit un guide pour le moins étonnant, Timothy « Speed » Levitch, qui fait visiter New York à des touristes, au premier étage d’un bus à impériale. Chaque tour se transforme en véritable spectacle. Levitch connaît parfaitement la ville, jusqu’au domicile du plus obscur écrivain ayant vécu à Greenwich Village. Il relate toutes les anecdotes, de l’addiction à la boisson de l’un à la tentative de suicide de l’autre. L’homme n’est pas seulement un puits de science. Il est aussi un maître du phrasé, d’où son surnom, « Speed » (« rapide »), lié à son ­ahurissant débit verbal.

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