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Miser sur des titres choisis par le Vatican ? Depuis peu, la chose est théoriquement possible. Le 10 février, l’Institut pour les œuvres de religion (IOR), la principale institution financière du Saint-Siège, officialisait le lancement de deux nouveaux indices, rassemblant des actions « pleinement alignées » sur les principes de l’Eglise. L’objectif ? « Servir de référence aux investissements catholiques à l’échelle mondiale », d’après le communiqué.

L’annonce est venue jeter une lumière nouvelle sur le catalogue peu connu de la finance catholique, qui consiste à « mettre en adéquation sa foi, et la gestion de son portefeuille boursier », résume Jean-Baptiste de Franssu, président de l’IOR et du Collège des Bernardins. En d’autres termes : la volonté, pour des investisseurs croyants, d’accorder leurs placements aux valeurs de leur culte.

Et la chose passe, d’abord, par l’exclusion de certains secteurs des portefeuilles : industrie du tabac, de l’armement, de la pornographie, et entreprises dépourvues de politiques de décarbonation font partie des principaux thèmes considérés comme contraires aux morales dictées par la Bible, et les écrits papaux. Mais aussi « tout ce qui touche à la sainteté de la vie », à savoir « les sociétés pharmaceutiques qui promeuvent et développent des pilules abortives, ou des solutions liées à l’euthanasie », précise M. de Franssu.

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Suivent d’autres sujets, à la manière des jeux d’argent, du monde de l’informatique, de l’intelligence artificielle et des réseaux sociaux. Pourtant, l’indice Morningstar IOR US Catholic Principles, l’un des deux à avoir été lancés par la Banque du Vatican, accorde une place importante aux actions Meta – qui détient Facebook, WhatsApp et Instagram –, et Nvidia – leader dans la fabrication des puces nécessaires à la construction de data centers.

Exclusion sectorielle

« Historiquement, le public d’investisseurs croyants était assez peu servi, rappelle Mara Dobrescu, responsable de la recherche sur les fonds obligataires pour le fournisseur de données Morningstar. Beaucoup de titres compris dans les portefeuilles, ou les fonds classiques, ne respectaient pas les critères établis par les différents cultes. »

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