Neuf CRS ont été condamnés, mardi 17 mars, à des peines d’emprisonnement avec sursis de six à vingt-quatre mois pour avoir matraqué des « gilets jaunes » dans un Burger King à proximité de l’Arc de triomphe, le 1er décembre 2018.
« L’usage de la force ne présentait pas les conditions strictes et impératives de nécessité et proportionnalité », a souligné le président du tribunal correctionnel de Paris en rendant son jugement. Aucun des mis en cause ne s’était déplacé pour l’entendre.
Le parquet de Paris avait demandé, jeudi 12 février, des peines allant de six à vingt mois de prison avec sursis, à l’issue d’un réquisitoire cinglant. « C’est parce que ce sont des professionnels du maintien de l’ordre que l’on attend d’eux, plus que de quiconque, de la maîtrise », avait alors déclaré la procureure, Marie Dubarry de Lassalle.
La scène, immortalisée par plusieurs caméras, avait eu lieu à l’issue d’une journée exceptionnelle : encore mal à l’aise avec le jeune mouvement des « gilets jaunes », les autorités avaient été totalement dépassées pendant leur troisième rassemblement. Ils avaient matraqué et frappé à coups de pied des manifestants qui s’étaient introduits dans un Burger King.
Un manque de « lucidité »
Dans son délibéré, mardi, le magistrat a encore souligné « la nature et la gravité des faits à l’encontre des manifestants », qui « semblaient se mettre à l’abri » dans le fast-food « pour reprendre leurs esprits » après que l’air de la rue était devenu irrespirable en raison des grenades lacrymogènes qui avaient été tirées par les forces de l’ordre, et « présentaient un comportement pacifique ».
Les neuf policiers, tous membres à l’époque des faits de la CRS 43 basée à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), ont tous été reconnus coupables de violences volontaires avec plusieurs circonstances aggravantes, mais ont bénéficié d’une non-inscription de leur condamnation au casier judiciaire.
Si le tribunal correctionnel a reconnu que chacun d’entre eux est « entièrement responsable » des préjudices des victimes, il s’est déclaré incompétent pour statuer sur les dommages et intérêts, les fautes n’étant « pas détachables de leur service », renvoyant cette partie du dossier devant le tribunal administratif.
Lors de leurs interrogatoires, les mis en cause avaient admis avoir manqué de « lucidité » lors de cette opération en début de soirée, menée après des heures d’affrontements avec des manifestants autour de l’Arc de triomphe, dans un climat « insurrectionnel ».
A la barre, ils avaient encore raconté avoir cru que les personnes qui s’étaient introduites dans le fast-food, pourtant fermé, étaient des pilleurs. Les policiers avaient aussi confié leur sentiment d’avoir été « abandonnés » par leur chaîne hiérarchique et avaient mis en cause directement la Préfecture de police de Paris.












