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HBO MAX – À LA DEMANDE – SÉRIE

Il y a presque un siècle, la séquence d’ouverture de Grand Hotel, d’Edmund Goulding, Oscar du meilleur film en 1932, se terminait par cette observation désabusée d’un client : « Grand Hotel, les gens vont, les gens viennent, il ne se passe jamais rien. » Que dirait le gentleman distingué qui proférait cette réplique au bout de dix minutes au Citadel, le palace parisien qui abrite les péripéties de Privilèges ? En plus des services que l’on attend d’un cinq-étoiles – spa, boutiques de luxe, conciergerie capable d’obtenir une loge à l’opéra une heure avant la représentation –, le Citadel offre à sa clientèle le lieu idéal pour toutes leurs transgressions, de la plus vénielle (le footballeur d’élite qui déroge à son régime) à la plus mortelle – tous les personnages ne sortiront pas vivants de cette première saison. Adhérer au programme de fidélité de l’établissement (regarder ces six épisodes), c’est s’exposer à des variations de rythme cardiaque toujours épuisantes, souvent réjouissantes.

A l’image de son protagoniste, le très toxique directeur de l’établissement, Edouard Galzain (Melvil Poupaud), qui tient le coup en reniflant de la poudre blanche, Privilèges est mû par une énergie aussi artificielle qu’irrésistible. Il faut à peine deux épisodes pour se faire une idée de l’organisation, architecturale, sociale et managériale, du Citadel. On la découvre en suivant les premiers pas d’Adèle (Manon Bresch) dans l’industrie hôtelière. Détenue dans une prison de la région parisienne, la jeune fille a décroché un contrat à l’essai dans le cadre d’un programme de réinsertion imaginé par Galzain.

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