L’histoire n’est pas écrite. A deux ans de l’élection présidentielle de 2027, la stratégie de conquête du pouvoir de Marine Le Pen s’est fracassée contre le mur judiciaire, lundi 31 mars, après que la cheffe de file de l’extrême droite française a été reconnue coupable de détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national (devenu Rassemblement national, RN). Elle a été condamnée à quatre ans d’emprisonnement, dont deux ans ferme avec bracelet électronique, et à une amende de 100 000 euros.
Mais c’est la peine d’inéligibilité à cinq ans avec exécution provisoire qui fait désormais peser nombre d’incertitudes sur la campagne présidentielle de 2027. La députée du Pas-de-Calais a fait appel, mardi, de la décision du tribunal correctionnel de Paris. Quelques heures après, la cour d’appel de Paris a annoncé vouloir rendre sa décision à l’été 2026.
L’éviction – au moins provisoire – de Marine Le Pen du scrutin pour la magistrature suprême, alors qu’Emmanuel Macron ne pourra pas se représenter après une décennie passé à l’Elysée, marque un nouveau « big bang politique », selon le directeur délégué de l’IFOP, Frédéric Dabi. Le sondeur se dit frappé depuis 2022 par toutes « ces phases de décomposition ou de recomposition du champ politique » qui contribuent « au discrédit abyssal de la classe politique ».
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