La justice française va enquêter sur les éventuelles complicités de crimes contre l’humanité et de torture commise par Fabrice Leggeri, ancien directeur général de Frontex, l’agence européenne de gardes-frontières. Dans un arrêt du 18 mars, dont s’est fait l’écho l’Agence France-Presse mardi 24 mars, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a fait suite à la plainte déposée en avril 2024 par l’association Utopia 56 et la Ligue des droits de l’homme (LDH) auprès du doyen des juges d’instruction du tribunal judiciaire de Paris.
Sollicité, M. Leggeri n’a pas souhaité commenter cette décision. « C’est un soulagement », a pour sa part réagi Charlotte Kwantes, porte-parole d’Utopia 56, dont la demande de constitution de partie civile dans cette affaire a néanmoins été rejetée. Enfin une juridiction s’intéresse aux agissements de l’agence alors qu’on les connaissait depuis longtemps à travers les révélations de l’OLAF [l’Office européen de lutte antifraude] et des enquêtes journalistiques. »
M. Leggeri, aujourd’hui député européen sous la bannière du Rassemblement national (RN), a dirigé la plus grosse agence européenne de 2015 jusqu’à sa démission en 2022, période pendant laquelle Frontex a vu son budget plus que quintupler, tandis que les Etats membres se sont déchirés sur la gestion des arrivées en nombre de demandeurs d’asile, notamment à travers plusieurs routes maritimes en Méditerranée.
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