
La SNCF avait dénoncé le contrat par crainte d’une explosion des coûts et d’un calendrier à la dérive. Ce choix coûtera finalement 274 millions d’euros à Gares & Connexions, la filiale du groupe ferroviaire chargée de concevoir et de rénover les stations – de quoi engloutir l’intégralité de son bénéfice opérationnel du premier semestre 2025. En septembre 2021, Gares & Connexions avait en effet subitement rompu l’accord qui la liait à Ceetrus – la foncière immobilière de la famille Mulliez (Auchan), désormais filiale de New Immo –, dans le cadre du tumultueux dossier de la rénovation de la gare du Nord.
La décision, rendue lundi 9 février par le tribunal administratif de Paris, tranche avec celle prononcée, en septembre 2023, par le tribunal de commerce – celui-ci avait condamné New Immo à verser plus de 47 millions d’euros à la SNCF. Si Gare du Nord 2024 (Ceetrus est majoritaire à 66 %) voit dans cette sentence – qui ne la dédouane pas totalement – la reconnaissance du « sérieux du travail mené par les équipes », Gares & Connexions annonce, elle, faire appel.
L’histoire judiciaire, dont ces 16 pages de jugement écrivent un nouveau chapitre, n’est donc pas terminée. Celle de la vaste transformation de la gare la plus fréquentée d’Europe, par laquelle transitent chaque jour 700 000 passagers – bien plus à l’avenir –, pas davantage. La filiale de la SNCF doit entamer une deuxième phase de travaux, celle qui doit prolonger la tranche à 55 millions d’euros livrée avant la Coupe du monde de rugby de 2023 et les Jeux olympiques de 2024. L’année 2030 est le nouvel horizon. Des chantiers préparatoires doivent démarrer courant 2026.
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