
LETTRE D’ATHÈNES
Dans le quartier alternatif d’Exarchia, au centre d’Athènes, les drapeaux palestiniens flottent aux balcons et les slogans « Free Palestine » s’inscrivent sur les murs. Ce n’est donc pas un hasard si, ici, entre les façades taguées et les squats anarchistes, un premier restaurant palestinien, Al-Kufiya, a ouvert il y a trois mois. Le district, qui avait accueilli les réfugiés au pic de la crise migratoire de 2015-2016, est devenu l’épicentre des mouvements propalestiniens grecs depuis l’attaque terroriste du Hamas en Israël, le 7 octobre 2023, et les bombardements sur la bande de Gaza qui ont suivi.
A l’intérieur du restaurant, des broderies traditionnelles palestiniennes ornent les murs, côtoyant des keffiehs, un portrait de l’écrivain Ghassan Kanafani et des dessins du caricaturiste Naji Al-Ali. Derrière les fourneaux, Abir Awad, 52 ans, prépare de la maqlouba, ce plat de riz renversé aux légumes et à la viande qui fait partie de l’identité culinaire palestinienne. « Il y a des restaurants à Athènes où l’on peut déguster des falafels ou du houmous… Ces mets sont à la mode et sont devenus un outil de soft power disputé. Mais, ici, ce sont les plats traditionnels que nous préparons, ceux que les réfugiés aiment retrouver loin de chez eux : la maqlouba, la chakchouka [un plat à base d’œufs et de tomates], le poulet musakhan [cuisiné avec des oignons caramélisés et des épices]… », explique-t-elle.
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