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« Il n’est ni sain ni souhaitable » d’organiser un rassemblement pour protester contre une décision de justice, estime le premier ministre, François Bayrou, dans une interview publiée samedi 5 avril dans Le Parisien, à la veille d’un rassemblement du RN en soutien à Marine Le Pen après sa condamnation.

« Manifestation… contre-manifestation… C’est aussi vieux que la République. Mais ce n’est ni sain ni souhaitable puisque nos institutions organisent à la fois la séparation des pouvoirs et la protection de la justice », juge-t-il. Marine Le Pen a été condamnée en première instance lundi à quatre ans de prison – dont deux ferme – et cinq ans d’inéligibilité avec application immédiate pour détournement de fonds publics, ce qui pourrait lui barrer la route pour l’Elysée.

Alors que le premier ministre avait fait part de son « trouble » face à cette décision de justice, M. Bayrou répète, comme il l’avait dit lors de la séance de questions au gouvernement mardi, qu’il y a « des interrogations sur l’application du jugement avant qu’il puisse y avoir appel », même si le jugement « s’impose » et qu’il « défend les juges ». « C’est une réflexion sur notre droit, et c’est le Parlement qui est souverain », ajoute-t-il, assumant d’avoir « toujours exprimé la même position : on devrait toujours avoir la possibilité de faire appel d’un jugement en première instance ».

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Décision en appel rapide

Le premier ministre récuse par ailleurs tout traitement de faveur à l’encontre de Mme Le Pen, qui devrait bénéficier d’une décision en appel rapide, à l’été 2026. « La justice a pris cette décision en toute indépendance. Elle montre qu’elle mesure la gravité des conséquences de ses décisions, et elle ne veut pas être soupçonnée d’agir avec des arrière-pensées. »

Alors que le président des Etats-Unis, Donald Trump, a apporté son soutien à la cheffe de file du Rassemblement national, l’estimant victime d’une « chasse aux sorcières », M. Bayrou pointe une ingérence, mais celle-ci est, selon lui, « devenue la loi du monde », et « il n’y a plus de frontières pour les grands débats politiques ».

Interrogé sur le soutien de Donald Trump, du Kremlin et de Viktor Orban à Marine Le Pen, M. Bayrou dit ne pas « mélange[r] ces trois situations ». « Mais je vois bien que sur plusieurs continents, certains essaient de constituer une internationale de l’indécence, illibérale, qui a décidé que les droits de l’homme, l’Etat de droit, l’entente démocratique entre les nations devaient appartenir au passé. »

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Le Monde avec AFP

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