Cela fait deux semaines qu’on cherche les raisons rationnelles du déclenchement, par les Etats-Unis aux côtés d’Israël, de la guerre contre l’Iran. Le changement constant de discours au sein de l’administration Trump, ses contradictions quotidiennes et ses exigences incompréhensibles – le président américain exige une « capitulation sans conditions », mais à qui exactement s’agit-il de se rendre ? – démontrent que cette quête est vaine.
Ce qui est bien établi, en revanche, c’est la volonté de Trump, depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, de créer la confusion et d’épuiser les observatrices et observateurs. Il faut accepter l’évidence : à la Maison Blanche, on se moque de donner des explications claires à ce conflit, d’ailleurs baptisé « Fureur épique ».
Les raisons de la guerre sont alors à chercher ailleurs. Pour Trump, l’objectif est toujours le même : nourrir le récit d’un chef au-dessus des lois, capable de faire plier un pays et de sidérer le monde. Il ne voit pas les échecs militaires passés des Etats-Unis comme des leçons à tirer, mais, au contraire, comme des humiliations à venger.
La guerre est une revanche sur d’anciens traumas américains : en Iran (Jimmy Carter en 1979), en Irak (George W. Bush après 2003), en Afghanistan (Joe Biden en 2021) et même, avant cela, au Vietnam (Richard Nixon en particulier). Comme ce fut le cas lors de son premier mandat, la seconde ère de Trump est nostalgique des années 1950 et soucieuse de réhabiliter une Amérique mythifiée antérieure aux droits civiques, à l’émancipation des femmes, à la défaite au Vietnam.
La conviction de toute-puissance de Trump, dont le masculinisme est un ressort fondamental, conduit aujourd’hui les Etats-Unis dans une fuite en avant au Moyen-Orient, et sans doute en Amérique latine, avec les menaces sur Cuba. Ils ne semblent pas se soucier des conséquences, ni pour eux ni pour le monde. « On se bat pour gagner », « On est des guerriers », « Ce n’est pas une guerre politiquement correcte comme par le passé » avec « des objectifs vagues et des règles d’engagement restrictives et minimalistes », martèle le « ministre de la guerre », le secrétaire à la défense, Pete Hegseth, semblable à un chef publicitaire sorti de la série télévisée Mad Men.
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