L’autoproclamé « premier parti de France » a toutes les peines à couvrir le pays. Analysés par Le Monde, les profils des candidats du Rassemblement national (RN) aux élections municipales, présents dans les 536 villes de plus de 3 500 habitants, sur les 3 362 que compte la France, confirment l’implantation territoriale balbutiante de la formation d’extrême droite, et ses difficultés à professionnaliser un contingent d’aspirants maires largement composé de femmes et – surtout – d’hommes sans expérience politique.
Pour le scrutin des 15 et 22 mars, le parti présidé par Jordan Bardella a tenté de pallier ses faiblesses en mobilisant des élus et leurs collaborateurs. Quarante-neuf parlementaires (37 députés et 12 eurodéputés) figureront ainsi en tête de liste lors du premier tour. Sans grande chance de succès – mais incités par leur parti à forger leur légitimité locale –, huit des douze membres du Parlement européen investis concourront dans des villes de plus de 100 000 habitants.
Sans compter les parlementaires, 148 autres candidats justifient déjà d’un mandat électoral, parmi lesquels 63 conseillers régionaux et 14 maires sortants. « Le parti épouse désormais assez bien le champ de la professionnalisation politique. Ses logiques sociales et organisationnelles sont relativement similaires à celles des autres, avec l’émergence de professionnels de et pour la politique : des gens qui vivent de la politique », confirme Guillaume Letourneur, docteur en science politique et auteur d’une thèse sur l’engagement au Front national (ancien nom du RN) dans la « France des oubliés ».
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