« Patriotic School. Chronique de contre-espionnage en temps de guerre », de Macha Séry, Gallimard, « Série noire », 496 p., 21 €, numérique 14 €.
Architecture gothique et tours carrées flanquées d’échauguettes, le Royal Victoria Patriotic Building pourrait offrir un décor rêvé à un nouveau tome de la saga Harry Potter. Mais les 34 000 personnes qui y défilèrent au long de la seconde guerre mondiale n’avaient rien d’apprentis sorciers. Néerlandais, Français, Yougoslaves ou Scandinaves fuyant l’Europe sous la botte nazie, les pensionnaires de cette ancienne institution pour orphelines de la guerre de Crimée, surnommée « Patriotic School », y étaient accueillis après avoir gagné le Royaume-Uni par leurs propres moyens, souvent au péril de leur vie. Enfin un peu de réconfort… avant les interrogatoires : et si des agents à la solde d’Hitler s’étaient dissimulés parmi eux ?
C’est une plongée passionnante au cœur d’un endroit secret et méconnu des années 1941-1945 qu’offre Macha Séry (ancienne journaliste du Monde) dans Patriotic School, autour d’une excellente idée : ramener la chasse aux espions à de justes dimensions. Ici, pas de coups de théâtre ou d’explosions en chaîne mais de répétitifs interrogatoires pour mettre en lumière contradictions et incohérences dans les récits de ces candidats à la liberté.
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