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Histoires Web dimanche, février 15
Park Chan-wook, réalisateur d’« Aucun autre choix », croit encore aux valeurs du collectif

« Dites-nous, quel est votre point faible ? » Dans Aucun autre choix, le nouveau film de Park Chan-wook, lorsque en plein entretien d’embauche arrive cette question qu’il sait décisive, You Man-su (Lee Byung-hun) bafouille d’abord un « Je refuse » face à un auditoire incrédule. Après un temps de pause dérangeant, il finit par ajouter, tendu et à moitié ébloui par le soleil : « … ne fait pas partie de mon vocabulaire. » On comprend dès le plan suivant qu’il n’aura pas le poste convoité.

Quand on interroge à distance le réalisateur coréen âgé de 62 ans, ce samedi de janvier, au sujet de son pire défaut, lui ne tergiverse pas. « Je dirais mon incapacité à m’adapter à la vie réelle. Par exemple, je n’aime pas conduire et ma femme me le reproche souvent. Je suis très mauvais aussi pour tout ce qui est administratif, comme aller à la banque. »

Park Chan-wook a, heureusement pour lui, d’autres qualités. Notamment cette capacité dans ses films à tordre la réalité pour en révéler à la fois les élans et la noirceur sous-jacents. Avec une intensité romanesque qui transcende les affres du quotidien. Joint Security Area (2000), son premier grand succès, oscillait ainsi entre camaraderie insolite et soupçons de trahison autour de la ligne de démarcation qui sépare les deux Corées.

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