Le gilet pare-balles et le casque militaire que Robert Kyagulanyi Ssentamu arborait lors de son dernier meeting de campagne, lundi 12 janvier à Kampala, n’étaient pas des effets de style scéniques. Ou une manifestation d’excentricité de l’ancienne star du reggae, ce que fut Bobi Wine, son nom d’artiste, avant de se lancer en politique.
Candidat à la présidentielle du 15 janvier, ce charismatique quadragénaire a, comme en 2021, peu de chances de déboulonner Yoweri Museveni, héros rebelle devenu autocrate au cours de ses quarante années passées à la tête de l’Ouganda. Mais sa popularité dérange un régime qui use de nouveau de la force de son appareil sécuritaire pour tenter de le faire taire.
« Ce n’est pas une élection, c’est une guerre que l’on nous fait », a répondu Bobi Wine à un journaliste de CNN qui l’interrogeait, mi-décembre 2025, sur l’équité du scrutin. Et en temps de guerre, casque et gilet pare-balles ne sont pas des accessoires de mode.
Bobi Wine et ses partisans au sein de la Plateforme de l’unité nationale (National Unity Plateform, ou NUP) sont particulièrement ciblés en tant que principale force d’opposition. En 2021, le musicien engagé pour la cause des plus démunis et des jeunes avait rassemblé 35 % des suffrages. Le climat politique de la campagne était encore plus délétère, marqué par la mort d’une cinquantaine d’opposants tombés sous les balles des membres des services de sécurité et de leurs nervis déchaînés.
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