Il l’appelle par son prénom et entretient avec lui une forme de camaraderie posthume. La relation de Merlin Holland avec son grand-père, Oscar Wilde, s’est construite de profundis, littéralement d’outre-tombe. « Quand je passe par Paris, je viens voir s’il va bien », raconte cet homme de 79 ans, énergique et doux, lorsque nous le rencontrons par un froid matin d’octobre dans le cimetière du Père-Lachaise, à Paris, où repose son aïeul.
Retraité en Bourgogne, où il vit avec sa seconde épouse, il est venu passer la journée dans la capitale pour discuter avec l’ambassadeur d’Irlande des modalités de la commémoration, le 30 novembre, de la mort de l’écrivain et dramaturge irlandais (1854-1900).
Merlin Holland entretient depuis des années de bons rapports avec le pays de naissance de son grand-père : Britannique, il a obtenu la nationalité irlandaise, et c’est avec l’aide de l’Office of Public Works, l’agence gouvernementale d’Irlande dédiée aux travaux publics, qu’il a fait ériger, il y a quatorze ans, la haute vitre en Plexiglas qui entoure et protège la sépulture parisienne de l’auteur du Portrait de Dorian Gray ; ses admirateurs avaient pris l’habitude de la couvrir de baisers, laissant des traces de rouge à lèvres dont la graisse abîmait lentement la pierre.
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