Le Sacré-Cœur-de-Jésus est rentré au port de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) cette nuit et il ne ressortira pas. Le chalutier de 22 mètres de la famille Caloin, pêcheurs depuis trois générations, a bien réussi à ramener « un fond de merlan, de roussettes, d’encornets et quelques maquereaux », mais il revient à perte.
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, le prix du gasoil marin a presque doublé. Les ventes ne compensent plus les coûts. Sous la lumière blanche de la petite cuisine du bord, le père et le fils, capitaine et second, accusent la fatigue. L’aîné, Laurent, 55 ans, soupire : « On brûle du gasoil pour rien. On ne repartira pas les prochains jours. »
La filière, très consommatrice de carburant, est lourdement touchée par la hausse du prix de ce dernier. Le gasoil pèse, en fonction de la taille d’un bateau et de sa technique de pêche, entre 25 % et 30 % des charges. En un mois, le litre est passé d’environ 66 centimes d’euro à 1,10 euro. Avec cette augmentation, il constitue désormais la moitié des coûts. « C’est sans précédent », affirme le directeur délégué du port de Boulogne-sur-Mer, Alain Caillier.
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