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C’est une première étape qui n’allait pas forcément de soi. En déplacement en Nouvelle-Calédonie, le ministre des outre-mer, Manuel Valls, a ouvert, mercredi 26 février, des « négociations institutionnelles » avec l’ensemble des représentants locaux, dont les indépendantistes du FLNKS.

« Après des premiers jours auprès des Calédoniens sur le terrain, une nouvelle étape s’ouvre ce matin avec le début des négociations institutionnelles. L’ensemble des formations politiques sont réunies autour d’une même table, pour la première fois depuis longtemps », a annoncé le ministère des outre-mer, sur le réseau social X.

Ces discussions trilatérales, qui ont commencé au sein du Haut-Commissariat à Nouméa, sont censées se dérouler jusqu’à vendredi. Manuel Valls a annoncé, mercredi matin, qu’il restait jusqu’à samedi soir, soit un jour de plus qu’initialement prévu.

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Paix et « vivre-ensemble »

Indépendantistes et non-indépendantistes n’ont plus échangé dans ce format depuis le dernier référendum d’autodétermination de 2021 – boycotté par les indépendantistes –, qui, comme en 2018 et 2020, avait vu le « non » à l’indépendance l’emporter.

Arrivé samedi 22 février, Manuel Valls a plaidé, mardi, pour la paix et le « vivre-ensemble » à la veille de ces négociations, auxquelles les indépendantistes ont finalement accepté de participer après s’être concertés lors d’un bureau politique élargi. « Des points restent à éclaircir », a néanmoins averti la délégation du FLNKS dans un courrier adressé au ministre, notamment « la situation des prisonniers politiques, la supervision de l’ONU et les discriminations récurrentes vis-à-vis de nos populations ».

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« Sans compromis politique, pas d’avenir économique. Sans dialogue, pas de paix durable », a souligné, de son côté, le ministère des outre-mer sur X, mercredi matin. « La Nouvelle-Calédonie mérite que chacun se hisse à la hauteur du moment historique », a-t-il ajouté.

Vague de violence

Le « vivre-ensemble », notion inscrite dans les accords de Matignon (1988) et Nouméa (1998) qui ont ramené la paix en Nouvelle-Calédonie après la période de quasi-guerre civile du milieu des années 1980, a été mis à mal par les émeutes de 2024 qui ont ravivé des tensions ethniques entre populations Kanak et européennes.

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Cette vague de violence avait saisi l’archipel en mai après l’adoption par le Sénat puis l’Assemblée nationale d’un projet de loi constitutionnelle, poussé par les loyalistes, qui visait à élargir le corps électoral, gelé depuis 2007, pour les élections provinciales programmées à la fin de l’année en Nouvelle-Calédonie.

Le camp indépendantiste s’y était opposé farouchement, estimant qu’il allait marginaliser les électeurs autochtones. Les émeutes ont fait quatorze morts, plus de deux milliards d’euros de dégâts et détruit environ 20 % du PIB local. Emmanuel Macron avait affirmé en juin suspendre le texte controversé.

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Le Monde avec AFP

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