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Histoires Web vendredi, février 13
« Nous sommes trop timides » : Emmanuel Macron appelle les Européens « à croire » en eux, depuis Munich, un an après les attaques de J.D. Vance

Un an après le discours très critique du vice-président américain, J.D. Vance, qui avait stupéfié les Européens, Emmanuel Macron a défendu sa vision de l’Europe, dans son discours tenu à la conférence de Munich vendredi 13 février. « Nous sommes trop timides. (…) C’est terrible pour nous de ne pas croire en nous-mêmes. Tout le monde devrait s’inspirer de nous au lieu de nous critiquer sans cesser et d’essayer de nous diviser », a-t-il appelé.

« L’Europe a été vilipendée comme une construction vieillissante, lente et fragmentée, reléguée par l’histoire. Comme une économie surréglementée et apathique qui se détournerait de l’innovation. Comme une société en proie à des migrations barbares qui corrompraient ses précieuses traditions. Et, plus curieusement encore, dans certains milieux, comme un continent répressif où la parole ne serait pas libre et où les faits alternatifs ne pourraient prétendre au même droit de cité que la vérité elle-même – ce concept désuet et encombrant », a fustigé M. Macron, à destination de J.D. Vance.

L’année dernière la conférence de Munich avait été marquée par le discours du vice-président américain, J.D Vance, où ce dernier avait provoqué les Européens en leur donnant notamment une leçon sur la démocratie et la liberté d’expression estimant que la menace qui plane sur l’Europe n’est « ni la Russie ni la Chine », mais « le renoncement à certaines de ses valeurs les plus fondamentales ». « Il ne faut pas avoir peur de son propre peuple, même quand il exprime une opinion qui n’est pas celle de ses dirigeants », avait-il lancé, dans un discours qui avait profondément endommagé la relation transatlantique.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés A Munich, la relation transatlantique au bord de la rupture un an après le discours de J. D. Vance

A son arrivée à Munich, Emmanuel Macron avait reconnu que la relation entre les Etats-Unis et l’Europe « est au milieu de beaucoup d’incertitude », plus d’un an après le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. « On doit clarifier ce que l’on veut et ce que l’on est prêt à faire, et pareil pour les Américains », a-t-il ajouté.

Au cours de son discours, le chef de l’Etat français est également revenu sur les négociations en cours pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Pour M. Macron, les Européens doivent « être associés à la discussion », évoquant sa volonté de « rétablir un canal de communication transparent avec la Russie ».

Et s’ils veulent être en « position de force » pour discuter avec la Russie à l’avenir, les pays du Vieux Continent doivent « développer activement » leur « boîte à outils » en matière de défense, notamment en matière de systèmes de « frappes de précision » en profondeur, a-t-il estimé.

« Notre liberté n’est plus acquise », prévient Merz

Avant Emmanuel Macron, le chancelier allemand, Friedrich Merz, a relevé vendredi qu’à « l’ère des grandes puissances, notre liberté n’est plus acquise, elle est menacée », appelant à des « sacrifices, pas un jour, mais maintenant ».

Concernant les Etats-Unis, le chancelier a reconnu l’existence d’un fossé croissant entre les deux rives de l’Atlantique, tout en appelant à refonder le partenariat transatlantique sur une base plus équilibrée. « Le vice-président JD Vance l’a dit il y a un an ici à Munich. Il avait raison dans sa description » des différends américano-européens. Mais « à l’ère de la rivalité entre grandes puissances, même les États-Unis ne seront pas assez puissants pour faire cavalier seul », a-t-il jugé.

Le chancelier allemand, Friedrich Merz, le chef d’Etat français, Emmanuel Macron et le premier ministre britannique, Keir Starmer, vendredi 13 février à Munich.

Au centre des débats de Munich cette année, les organisateurs ont fait figurer « l’ordre international ravagé à coups de boutoir ». Mais les sujets sont innombrables : l’effritement de l’ordre international et la fragmentation du monde, la dissuasion nucléaire après l’arrivée à échéance du traité New Start, la guerre en Ukraine, les opérations de guerre hybride, etc.

Sans oublier le Groenland, convoité par le président Donald Trump. Le gouvernement danois va d’ailleurs rencontrer à Munich le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio, a annoncé vendredi la première ministre danoise Mette Frederiksen aux médias danois.

Le Monde avec AFP

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