Professeur de sciences de l’information et de la communication à l’université de Lorraine, Nicolas Hubé est l’un des 12 lauréats 2025-2026 de la Fondation pour les sciences sociales (FSS). Dans sa contribution au livre collectif Vérités et croyances au XXIe siècle (La Découverte, 240 pages, 25 euros), il analyse la place du journalisme dans un monde où les « centres de vérité » se multiplient.
Vous soulignez, dans le travail que vous avez réalisé pour la FSS, que la presse française, à partir de la fin du XVIIIe siècle, se déploie au cœur d’un système politique nouveau, celui de la démocratie représentative. Quel est alors son rôle ?
Pour le philosophe Bernard Manin, l’« idéal du gouvernement représentatif » des démocraties contemporaines repose sur quatre principes : l’élection des gouvernants, leur indépendance, la liberté d’expression des gouvernés, mais aussi la mise à l’épreuve des choix politiques par une discussion publique informée et civilisée.
Ce dernier principe émerge dès le début de la Révolution française : la transparence du pouvoir est alors une question centrale, comme le montre, en 1789, le serment du Jeu de paume. Au centre du tableau de David représentant cette scène fondatrice, on voit l’un des députés prendre des notes afin de rendre compte des débats à ses concitoyens. Aux yeux des députés, le pouvoir politique doit s’exercer non pas dans le secret, comme sous l’absolutisme, mais sous le regard du peuple : ils veulent donner à voir la politique en train de se faire.
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