Quand la CFTC hausse le ton, les témoins de son courroux lèvent un sourcil – voire les deux – car elle n’est pas tellement coutumière du fait. La scène s’est produite, jeudi 3 avril, à l’occasion de la négociation entre partenaires sociaux sur les retraites. S’exprimant devant les journalistes à l’issue d’une réunion consacrée à ce dossier – la sixième depuis le début des pourparlers –, Léonard Guillemot, l’un des représentants de la centrale chrétienne, a fait part de son désappointement face à la tournure prise par les échanges. « J’avoue que je ne comprends plus où nous allons, a-t-il affirmé. Le bateau ne prend pas l’eau, mais on est un peu sur un bateau ivre quand même. »
A l’origine de cette intervention plutôt percutante, il y a le désir des autres protagonistes de se donner une nouvelle feuille de route. Une initiative prise à la suite des turbulences que le premier ministre, François Bayrou, avait déclenchées en déclarant, le 16 mars, être défavorable à l’idée de ramener à 62 ans l’âge d’ouverture des droits à une pension. Son immixtion dans le débat avait conduit l’Union des entreprises de proximité (U2P) puis la CGT à quitter les discussions. Pour tenter de reprendre la main sur un processus mal embarqué, plusieurs organisations – Medef et CFDT en tête – ont suggéré de modifier le programme qui avait été concocté au départ sur la base des grands axes fixés par le chef du gouvernement.
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