Nasrine Chafa a 24 ans et deux agendas. L’un rythmé par les cours et la vie à Polytech Angers, où elle est étudiante en dernière année d’études d’ingénieurs. L’autre, plus discret, par son engagement bénévole chez Nightline, une association étudiante qui œuvre pour la santé mentale des jeunes. « Voilà plus de cinq ans que je mène cette “double vie” », nous résume-t-elle avec le sourire, lorsqu’on la retrouve, en février, devant le bâtiment blanc de son école.
L’étudiante boursière, chemise jaune, bonnet carmin et sac Eastpak turquoise sur le dos, vient tout juste de soutenir le dernier projet d’études de sa formation. Dans quelques jours, elle quittera Angers pour un stage de fin d’année en milieu hospitalier à Paris. « Ça me fait bizarre, cette évaluation marque un peu la fin de ma vie étudiante… », raconte-t-elle. Elle sait aussi que l’entrée dans la vie active l’obligera bientôt à « lever le pied » dans son engagement chez Nightline.
Originaire de l’Essonne, où elle a fait son lycée et son début d’études supérieures (à Paris-Saclay), Nasrine est l’un des visages et des voix de cette association créée en 2016 pour répondre à la dégradation de la santé mentale étudiante. Le principe : une ligne d’écoute, par tchat ou téléphone, de 21 heures à 2 h 30, où des étudiants formés donnent du temps pour écouter d’autres étudiants en détresse psychologique. « Tout cela anonymement, gratuitement et sans jugement », décrit la jeune femme, le verbe haut et presque machinalement, habituée qu’elle est à présenter l’action de son association devant un auditoire.
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