
Dans les rues du centre-ville de Saint-Etienne, ce jour-là, la pluie ruisselle sans discontinuer le long des pas-de-porte fermés, des rideaux de fer baissés et des tags délavés. Régis Juanico, candidat de la gauche (hors La France insoumise, LFI) à la mairie, tente une percée vers un marché où l’attend une poignée de militants grelottant dans le froid. Mais, à 11 h 45, les commerçants sont déjà en train de remballer leurs marchandises. Pas la peine de s’acharner, les Stéphanois sont restés chez eux. On se replie dans le local de campagne du candidat, un jeune fait sécher ses tracts sur une grande table de réunion. Le socialiste, ancien député de la Loire (2007-2022), s’affiche confiant.
Car une chose est sûre, la plupart des 173 000 habitants de la ville ne pleurent pas leur ancien maire Gaël Perdriau (ex-Les Républicains, LR). Elu en 2014, il est incarcéré depuis le 7 janvier. Il avait été démis de ses fonctions le 1er décembre 2025, à la suite de sa condamnation à cinq ans de prison et cinq ans d’inéligibilité pour « chantage », « association de malfaiteurs » et « détournement de fonds publics », une des peines les plus lourdes jamais prononcées contre un maire en exercice sous la Ve République. Un jugement sévère à l’image d’une affaire des plus glauques, où l’hôtel de ville fut pendant plusieurs années le théâtre d’un sordide chantage à la sextape fomenté au plus haut niveau contre l’ancien premier adjoint Gilles Artigues, et pour lequel le maire, principal condamné, fait appel.
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