C’est un axiome politique local jamais démenti. A La Réunion, les élections municipales permettent de deviner les enjeux du scrutin régional suivant. Une évidence encore plus flagrante à Saint-Paul, deuxième commune de l’île, avec plus de 106 000 habitants, où se joue un combat de chefs. Pour le maire sortant, Emmanuel Séraphin, fidèle de la présidente de région Huguette Bello (divers gauche, alliée de La France insoumise, LFI) figurant en deuxième position sur sa liste, l’enjeu est de conserver la seule grande commune réunionnaise aux mains de leur parti, le parti Pour La Réunion (PLR). Faute de quoi, Huguette Bello risque d’être affaiblie face aux autres composantes de la gauche locale, dont sa rivale, Ericka Bareigts (Parti socialiste, PS), voire son vice-président à la région, Patrick Lebreton.
A droite, ce scrutin communal ravive les divisions internes, ouvertes au grand jour à la suite des élections régionales perdues de 2021. Certains y voient les contours d’une primaire pour celles de 2028, avec, d’un côté, Didier Robert, l’ancien président du conseil régional (2010-2021), qui avait pourtant annoncé renoncer à la politique en octobre 2021, à la suite de sa défaite et de ses déboires judiciaires. De l’autre, Cyrille Melchior (divers droite), président du conseil départemental et du mouvement qui entend rassembler la droite réunionnaise, Nouvel R’. Tous les deux sont soupçonnés de vouloir imposer leur leadership à droite à travers ce duel particulièrement suivi dans l’île. Ce qu’ils réfutent systématiquement.
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