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Histoires Web mercredi, février 18
Municipales à Cayenne : duels fratricides et idéologiques

A un mois du premier tour des municipales, ils sont cinq têtes de liste à briguer le fauteuil de maire de Cayenne, la capitale régionale de la Guyane. Pourtant, des quartiers Mirza à Mont-Lucas, tous les bookmakers parient sur un duel entre l’édile sortante, Sandra Trochimara (SE), 63 ans, et la sénatrice du Rassemblement des démocrates progressistes indépendants (RDPI) Marie-Laure Phinéra-Horth, 68 ans, maire de Cayenne de 2010 à 2020.

Les deux se connaissent parfaitement et ont cofondé, en 2016, le parti de gauche Nouvelle force de Guyane (NFG). C’est sous cette bannière que Mme Phinéra-Horth a remporté, en 2020, une deuxième élection municipale. Puis, quelques mois plus tard, les sénatoriales l’ont contraignante à laisser son mandat à sa première adjointe, Sandra Trochimara.

Six ans plus tard, un fossé s’est creusé entre les deux. Mme Phinéra-Horth a qualifié dans la presse locale ce remplacement « d’erreur de casting » et souhaite reprendre en main la destinée de la ville. « Plusieurs projets actés en 2020 n’ont pas été finalisés. Il faut moderniser cette ville car aujourd’hui Cayenne est morte », justifie-t-elle.

Pourtant, il y a un an, les deux femmes militaient encore dans le même parti, avant que Mme Trochimara ne le quitte en février 2025, créant une scission au sein du conseil municipal. Dans la foulée, treize conseillers et adjoints fidèles à Mme Phinéra-Horth ont vu leurs délégations leur être retirées. Les indemnités allant avec ont été reversées aux élus soutenant MmeTrochimara « afin de valoriser leur engagement », précise un rapport du conseil municipal de septembre 2025 consulté par Le Monde. « Du pur clientélisme politique », dénonce la sénatrice.

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Interrogée sur ces faits, Mme Trochimara a éludé et ne souhaite pas entrer dans la polémique. L’élue n’a pas besoin de rendre les coups : les déboires judiciaires de son adversaire suffisent à la discréditer. Mme Phinéra-Horth a en effet été condamnée en décembre 2025 à deux ans de prison avec sursis pour recel de biens provenant de détournement de fonds publics, reconnue coupable par la justice d’avoir perçu entre 2013 et 2016 un salaire d’orthophoniste sans exercer d’activité au Centre hospitalier de Cayenne. Cette peine était également assortie de deux ans d’inéligibilité, mais la sénatrice a fait appel, lui permettant ainsi de concourir aux municipales.

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