Emmanuel Grégoire et Rachida Dati annoncés au coude-à-coude à Paris par les instituts IFOP et Elabe alors que presque 10 points les sépareront à l’issue des élections municipales, dimanche 22 mars. Jean-Michel Aulas donné largement vainqueur des semaines durant à Lyon, mais qui se classera derrière le maire écologiste sortant Grégory Doucet. Ou encore Edouard Philippe vu battu au Havre par OpinionWay en cas de triangulaire, quand l’ancien premier ministre finira finalement par devancer son rival de gauche de près de sept points.
Après la fermeture des bureaux de vote, une question s’impose : comment expliquer de tels écarts entre certains sondages et les résultats ?
La photographie d’un « instant T »
La première raison de ce décalage est commune à tous les scrutins et émane de la nature même des sondages : il est difficile de juger l’écart entre les résultats et les sondages réalisés des semaines avant le premier tour, dans un autre contexte. Le cas d’école cette année est Lyon, où une enquête de l’IFOP menée début février créditait Jean-Michel Aulas de 45 % des intentions de vote au premier tour et Grégory Doucet de 29 %, alors qu’ils ont finalement récolté respectivement 36,8 % et 37,4 %. Entre-temps, la campagne a produit ses effets, en particulier lors d’un débat télévisé organisé le 24 février, dont l’ex-patron de l’Olympique lyonnais est sorti affaibli.
« A l’inverse, le sondage mené à Montpellier à la même période s’est avéré proche du résultat, note Frédéric Dabi, directeur général opinion de l’IFOP. Parfois, le rapport de force se fige rapidement. Mais des semaines à l’avance, nous ne sommes pas à l’abri d’un candidat qui se retire ou d’un tournant dans la campagne. » D’où l’importance de garder à l’esprit la date des réponses des sondés, qui évoluent parfois très rapidement selon le contexte politique.
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